POLITIQUE

Le chef libéral Philippe Couillard courtise les régions

06/04/2014 11:36 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT
PC

SAINT-FÉLICIEN, Qc - Philippe Couillard a reconnu dimanche qu'il avait trébuché sur la question de la langue lors du deuxième débat des chefs, tenu dans la troisième semaine du périple électoral.

À l'heure des bilans de fin de campagne, à la veille de l'appel aux urnes, le chef libéral a admis qu'il aurait dû expliquer davantage son point de vue sur l'utilisation de l'anglais au travail. Il s'était attiré les foudres de ses adversaires politiques et de bon nombre de groupes nationalistes en prônant le bilinguisme, même chez les plus humbles ouvriers d'usine.

«Sans parler de mauvais coup, je pense que lorsqu'il a été question de la langue en milieu de travail, j'aurais pu m'exprimer plus clairement», a dit M. Couillard, en point de presse à Roberval, tout juste à sa descente d'avion au terme d'un ultime blitz à travers les régions éloignées.

«Ce dont je voulais parler, c'étaient des gens qui sont en contact avec la clientèle (...) Bien sûr, les adversaires en ont profité pour créer une fausse impression», a-t-il ajouté.

Le chef libéral n'en est pas moins convaincu que les travailleurs en relation avec des clients doivent maîtriser l'anglais. Il y voit un impératif «clair et évident».

«Je réitère ce que j'ai dit à ce moment-là: la loi 101 prévoit pour les entreprises de désigner des postes bilingues lorsqu'il y a un contact avec la clientèle; c'est une évidence», a-t-il dit.

Au cours du dernier tiers de la campagne, M. Couillard a souvent rappelé son engagement en faveur de l'enseignement intensif de l'anglais dès la sixième année du primaire. Ses envolées au sujet des avantages du bilinguisme dans la société québécoise contemporaine ont toujours été bien accueillies par les militants, surtout dans les régions.

Si ce n'est de l'épisode de l'anglais au travail, le chef du Parti libéral estime avoir mené une campagne électorale proche du sans faute. Il s'est félicité d'avoir été «entier» auprès de la population et d'avoir fait preuve de transparence en publiant le bilan de sa situation financière personnelle.

«J'ai mené une bonne campagne, on peut toujours faire mieux, bien sûr, mais je crois que j'ai donné le maximum. Je me suis mis tout entier sur la place publique et je ne parle pas seulement de mes finances personnelles mais de ma personne également. Je suis heureux de l'avoir fait, j'ai l'impression d'avoir fait une campagne honnête, sincère et entière», a-t-il analysé, l'air détendu et souriant.

Le leader des troupes libérales a passé l'essentiel de sa dernière journée de campagne à sillonner le territoire québécois par les airs. Il s'est arrêté à Bonaventure — où il croit avoir de bonnes chances de ramener la circonscription du même nom dans le giron libéral — à Sept-Îles sur la Côte-Nord — une forteresse péquiste depuis 1976 — et à Val d'Or en Abitibi-Témiscamingue.

Les stratèges du parti espèrent reprendre Abitibi-Ouest et Rouyn-Noranda-Témiscamingue mais ne se font pas d'illusion sur Abitibi-Ouest, le fief de l'inamovible doyen de l'Assemblée nationale, François Gendron.

Cette tournée des régions éloignées s'est déroulée à toute vapeur et s'est résumée à de courtes allocutions devant des militants — ils étaient une centaine à Val d'Or — dans les aérogares. À chaque endroit, M. Couillard a insisté sur le développement de l'économie, la relance du Plan Nord, le soutien à l'industrie forestière et, dans le cas de la Gaspésie et de la Côte-Nord, l'implantation de la stratégie maritime.

À toutes les étapes, il a pris soin de faire quelques allusions au controversé projet de charte des valeurs et à l'agenda référendaire du Parti québécois.

«La charte et le référendum, ça ne crée pas des jobs, ça en enlève, par contre», a-t-il argué.

À Bonaventure, M. Couillard a aussi assuré la population locale de son soutien indéfectible au projet de cimenterie de Port-Daniel.

«J'y tiens à ce projet, a-t-il martelé. Pas question de faire un pas de côté.»

Il a également signifié qu'il n'était pas question, si son parti forme le gouvernement à l'issue du scrutin, d'interrompre le déploiement des éoliennes dans la région.

De retour dans sa circonscription de Roberval, en fin de journée, le chef libéral a indiqué que l'un des premiers gestes que son gouvernement posera, s'il est élu, sera de demander au Vérificateur général de scruter les finances publiques. Le PLQ veut obtenir un portrait complet et mettra ensuite le pied sur l'accélérateur pour la relance, a dit M. Couillard.

«Tout ce qu'on peut faire pour relancer l'emploi, avant de présenter un budget, on va le faire. Les infrastructures (et) les mesures de crédits d'impôt qui peuvent être lancées par un bulletin d'information fiscale le seront, de façon à ce que l'économie recommence à avancer», a-t-il dit.

Le Parti libéral s'engage à rétablir l'équilibre budgétaire en 2015-2016.

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