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L'Inde donne le coup d'envoi des plus grandes élections jamais organisées

06/04/2014 10:24 EDT | Actualisé 06/04/2014 10:24 EDT
AFP

L'Inde a entamé lundi un marathon électoral qui pourrait déboucher sur l'arrivée au pouvoir du leader nationaliste hindou Narendra Modi, dirigeant controversé donné favori pour succéder au parti du Congrès de la dynastie Gandhi.

Quelque 814 millions d'électeurs indiens, préoccupés par le ralentissement de l'économie et la hausse des prix, pourraient mettre fin à dix ans de pouvoir du Congrès, usé par de nombreuses affaires de corruption, selon les sondeurs.

Les premiers à se rendre aux urnes lundi sont les habitants de deux petits Etats enclavés du nord-est de l'Inde.

Le chef du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), Narendra Modi, a été omniprésent depuis six mois sur la scène nationale, menant campagne sur la relance de l'emploi et investissements.

Il doit cependant affronter les doutes d'une partie de la population sur sa personnalité abrupte et son attitude pendant les émeutes qui ont ensanglanté en 2002 l'Etat du Gujarat. Le leader nationaliste dirige l'exécutif de cet Etat du nord-ouest de l'Inde depuis 2001.

Plus d'un millier de personnes, essentiellement des musulmans ont été tuées dans ces émeutes inter-communautaires et l'absence de réaction des forces de l'ordre lui est fréquemment reprochée même si la justice ne l'a pas mis en cause.

Le sujet des tensions communautaires, sous-jacent pendant la campagne, s'est imposé au cours des derniers jours.

"Où que ces gens (le BJP, ndlr) aillent, ils créent des conflits. Ils montent les hindous et les musulmans les uns contre les autres", a lancé dimanche Rahul Gandhi, le chef de la campagne du Congrès.

Un proche de Modi, Amit Shah, est soupçonné d'avoir appelé les électeurs à "se venger" dans les urnes lors d'un discours dans une région de l'Uttar Pradesh où des violences confessionnelles avaient fait 50 morts l'an dernier.

Modi a de son côté exhorté dimanche les électeurs à lui donner une majorité au parlement alors que les sondages prédisent qu'il devra négocier pour trouver cette majorité parmi les 543 sièges de la chambre basse du parlement.

"J'ai besoin de votre appui pour un gouvernement fort et un gouvernement fort, cela veut dire pas moins de 300 sièges à la Lok Sabha", la chambre basse du parlement", a-t-il dit.

Les promesses de Modi

Défi logistique, le marathon électoral se déroulera en neuf étapes jusqu'au 12 mai pour permettre aux électeurs de déposer leur bulletin dans l'un des près d'un million de bureaux de vote du pays, des contreforts himalayens au sud tropical.

Les premiers à voter lundi sont les habitants des Etats de l'Assam et du Tripura, enclavés dans le nord-est du pays et souvent négligés par le pouvoir central.

Les résultats seront proclamés le 16 mai.

Dans l'Assam, un bastion du Congrès, plusieurs électeurs déçus ont déclaré à l'AFP qu'ils étaient attirés par les promesses de Modi d'améliorer les infrastructures, l'emploi et de diminuer la corruption.

"Ma femme est diplômée et pourtant elle est sans emploi, à la maison. Le Congrès ne nous a rien apporté", a ainsi dit Nirmal Pal, un réparateur automobile interrogé par l'AFP à Dibrugarh.

Habitué à une hausse de son PIB comprise entre 8% et près de 10% pendant une décennie, le pays a vu sa croissance tomber à 6,2% en 2011-12 et 5% en 2012-13.

Avec Modi au pouvoir, l'Inde pourrait se montrer plus intransigeante dans son discours avec les autres puissances étrangères, selon les analystes, tout en s'attachant à stabiliser ses relations avec les Etats-Unis.

Après les émeutes de 2002, Narendra Modi était devenu persona non grata en Europe et aux Etats-Unis. Devenu favori des législatives, les pays occidentaux ont repris contact avec le leader nationaliste. L'ambassadrice américaine lui a ainsi rendu visite en février.

Face à Modi, le Congrès a lancé dans l'arène Rahul Gandhi, 43 ans et héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, qui mène sa première bataille électorale au niveau national dans des conditions difficiles.

Rahul, homme au caractère réservé, n'a jamais été ministre et a longtemps fui la scène politique. Il a beaucoup à prouver pour ce premier test d'envergure, certains lui prédisant le pire résultat jamais enregistré par le Congrès.

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