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La saga du procès Pistorius reprend lundi: le champion peut-être à la barre

06/04/2014 10:11 EDT | Actualisé 06/04/2014 10:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Oscar Pistorius, left, walks past June Steenkamp, back left, mother of Reeva Steenkamp, and Jenny Strydom, as he arrives in court Monday, March 17, 2014 in Pretoria, South Africa. Pistorius is on trial for the murder of his girlfriend Reeva on Valentines Day 2013. (AP Photo/Daniel Born, Pool)

La saga du procès d'Oscar Pistorius, sans précédent dans les annales judiciaires sud-africaines, reprend lundi à Pretoria avec la première déposition attendue du champion paralympique devant le tribunal.

Pistorius, 27 ans, athlète handicapé hors norme conjuguant performances et charme d'exception, est accusé d'avoir volontairement tué sa petite amie lors de la Saint-Valentin 2013.

En l'absence de témoin la nuit du drame, ses avocats tentent de lui obtenir, sinon l'acquittement, du moins le bénéfice du doute, lui-même affirmant depuis le début qu'il croyait faire feu sur un cambrioleur quand il a tiré dans le noir sur la porte fermée des WC de sa chambre.

Pourquoi quatre balles? C'est l'une des grandes questions en suspens qui fragilise la thèse de la légitime-défense et semble indiquer la culpabilité.

L'expert balistique de la police sud-africaine a en effet conclu que Reeva Steenkamp était encore en vie lorsqu'elle a été touchée d'une première balle à la hanche. Derrière la porte des toilettes, elle a eu le temps de lever instinctivement ses mains au niveau de la tête pour se protéger. La quatrième balle lui a perforé le crâne, mortellement.

Avant Pistorius, un médecin légiste, Jan Botha, est appelé par la défense à s'exprimer devant le tribunal.

Va-t-il contredire la police et démontrer que la jeune top-modèle a succombé dès le premier coup de feu, n'a donc pas eu le temps de crier et de permettre à Oscar de réaliser qu'il n'y avait pas d'intrus dans ses WC mais seulement la femme qu'il aimait?

Témoignage très attendu

Une chose est sûre, la défense a dérogé à la règle de procédure voulant que l'accusé vienne à la barre le premier, dès lors que les témoins à charge ont fini de parler. Un témoignage très attendu dans ce procès d'ores et déjà ultra-médiatisé.

M. Botha a des "raisons personnelles de vouloir témoigner le premier", ont justifié les avocats d'Oscar Pistorius, qui ont eu près de quinze jours pour peaufiner leur stratégie, après qu'un juge assesseur soit tombé malade.

Jusqu'à présent, c'est l'avocat Barry Roux qui a lu les deux dépositions de l'athlète, né sans péroné et amputé peu après sa naissance pour être équipé de prothèses.

Tout au plus a-t-on entendu le sportif dire d'une petite voix qu'il plaidait non coupable au premier jour du procès le 3 mars.

En revanche, il a abondamment manifesté son trouble, se murant ostensiblement en lui-même, soit plongé dans de la lecture soit se bouchant les oreilles quand les détails devenaient trop sanglants, pleurant, rougissant à la lecture de sms échangés avec la victime, vomissant. Il a un seau en plastique à sa disposition à ses pieds.

Quand et combien de temps parlera-t-il? Parlera-t-il lundi ou plus tard? Craquera-t-il face au procureur Gerrie Nel?

D'un strict point de vue légal, il n'est pas nécessairement obligé de le faire mais la cour pourrait alors lui reprocher de n'avoir pas pu tester sa version.

La défense a d'ores et déjà imposé une interdiction de retransmettre en direct à la télévision les images de ce témoignage très attendu de Pistorius: pas d'image, juste le son, et ce sera sans doute déjà beaucoup de pression pour l'athlète.

Prévu du 30 au 20 mars, le procès a pris du retard en raison notamment d'incidents de traduction dans une Afrique du Sud multilingue, mais aussi de la stratégie de contre-interrogatoire à rallonge de Me Roux.

Très long, le procès qui pourrait déborder sur la deuxième quinzaine de mai, est aussi très couteux.

Pistorius a précipité la vente de la maison du meurtre, située dans une résidence sécurisée de Pretoria, bordant une réserve naturelle, pour payer les frais de justice. La maison vaut environ 5 millions de rands (plus de 520 000 dollars).

L'agent immobilier Ansie Louw contactée vendredi a indiqué à l'AFP qu'elle était "encore très occupée avec tout ce processus". "Pas de commentaire", a ajouté celle qui est aussi l'épouse de l'entraîneur de Pistorius.

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