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Un vote pour la CAQ est un vote pour le Parti québécois, prévient Couillard

05/04/2014 10:12 EDT | Actualisé 05/06/2014 05:12 EDT

LÉVIS, Qc - La poussée de la Coalition avenir Québec (CAQ) risque de reporter Pauline Marois au pouvoir, a prévenu Philippe Couillard, samedi.

À moins de deux jours du scrutin, le chef libéral a mis en garde les électeurs contre la division du vote. Il a lancé un appel au ralliement des sympathisants caquistes pour permettre au Parti libéral du Québec (PLQ) d'obtenir un mandat de gouvernement majoritaire le 7 avril.

«Je rappelle l'expérience vécue de 2012 où les Québécois et les Québécoises qui ont voté pour la CAQ se sont réveillés le lendemain avec le gouvernement péquiste et les conséquences qu'on connaît sur les pertes d'emploi, les finances publiques, la perte de confiance et la division parmi les Québécois. Il ne faut pas que ça se reproduise», a-t-il dit lors d'un point de presse à Victoriaville, dans les Bois-Francs.

M. Couillard redoute la montée de la CAQ que semblent confirmer les plus récents sondages. Flanqué de ses vedettes économiques Jacques Daoust et Carlos Leitao, le chef libéral a laissé entendre que la formation de François Legault était essentiellement un one man show.

«La CAQ n'a pas d'équipe, c'est important de le dire parce que le jour de l'élection, chaque vote compte, chaque vote va faire la différence», a soulevé M. Couillard, reprochant au chef caquiste son penchant pour des «clips» télé sans substance.

Dans l'espoir de soutirer des appuis à la CAQ, le leader libéral n'hésite pas à faire vibrer la fibre de l'électorat sensible au discours de M. Legault. Ainsi, il promet lui aussi le «ménage» dans la bureaucratie et une réduction de la taille de l'État. En cette matière, il juge les intentions du chef caquiste soit irréalistes, soit radicales.

«J'écoute le mot 'ménage' dans la bouche de M. Legault et souvent sa rime avec 'saccage', un ménage sans contrôle, sans préoccupation pour les gens», a argué M. Couillard.

«Nous aussi, on veut faire le ménage, on veut réduire la taille de l'État, réduire le fardeau fiscal, diminuer le poids des programmes gouvernementaux, les réviser, mais avec une préoccupation constante d'une part pour les gens, et d'autre part pour le fait que les services publics, à la faveur de ce ménage, doivent être améliorés», a-t-il ajouté.

En campagne à Drainville, M. Legault a accusé son rival libéral de faire preuve d'arrogance en sous-estimant son équipe de candidats, mal connue.

«On n'a peut-être pas l'équipe qui est la plus connue mais dans six mois, au gouvernement, on va avoir l'équipe qui va révolutionner le Québec, relancer le Québec, recommencer à faire avancer le Québec», a-t-il prédit.

Plutôt en matinée, devant quelques dizaines de militants à Saint-Ours en Montérégie, le chef des troupes libérales a martelé son message: un vote pour la CAQ, est un vote pour le PQ.

«Si vous voulez voter pour l'économie, la meilleure équipe, votez pour le Parti libéral du Québec. Si on vote pour la CAQ, on vote pour Mme Marois. On est tous bien d'accord là-dessus? On va le répéter à tous les Québécois dans tous les coins», a-t-il déclaré.

Alors que le rideau tombe sur la campagne, M. Couillard est revenu à la charge sur les risques liés à un référendum, cette fois pour avertir les producteurs de lait québécois que la souveraineté mettrait en péril la «gestion de l'offre». Ce mécanisme pancanadien de régulation du marché assure aux producteurs un revenu stable.

Lors d'un échange avec les médias, le chef du PLQ s'est défendu de mener une campagne de peur auprès des agriculteurs.

«Non, c'est la vérité. Chaque fois qu'on dit la vérité au monde, on se fait dire qu'on veut leur faire peur, voyons donc», s'est impatienté M. Couillard.

«La gestion de l'offre est foncièrement une entente fédérale-provinciales. Il est clair que le bris de la fédération canadienne ou l'incertitude quant à la fédération canadienne met en danger la gestion de l'offre et ça les agriculteurs le savent très bien», a-t-il expliqué.

À son avis, les producteurs québécois trouvent largement leur compte dans la fédération canadienne en fournissant 40 pour cent du lait consommé au pays.

Le moral semble au beau fixe dans la caravane libérale avec la publication d'un nouveau sondage confirmant l'avance du parti dans les intentions de vote.

Le coup de sonde de la firme Léger, paru samedi dans le Journal de Québec et le Journal de Montréal, accorde 38 pour cent d'appuis au Parti libéral contre 29 pour cent au Parti québécois, 23 pour cent à la Coalition avenir Québec et 9 pour cent à Québec solidaire. Chez les francophones, le PQ reste encore le premier choix des électeurs avec 35 pour cent d'appuis, six point de pourcentage de plus que le PLQ.

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