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Thaïlande: les «chemises rouges» manifestent leur appui à la première ministre

05/04/2014 11:32 EDT | Actualisé 05/06/2014 05:12 EDT

BANGKOK - Des dizaines de milliers de partisans de la première ministre thaïlandaise se sont rassemblés en périphérie de Bangkok, samedi, dans une volonté de faire contrepoids aux manifestations antigouvernementales et aux contestations judiciaires qui pourraient mener à la chute du gouvernement de Yingluck Shinawatra.

La dernière fois que les «chemises rouges» s'étaient réunies, dans un stade en novembre, des tirs avaient éclaté à proximité et cinq personnes avaient été tuées.

Depuis cet incident, les chemises rouges ne se réunissent plus dans la capitale pour éviter les violences. Le rassemblement de samedi, qui doit durer trois jours, se déroule à des dizaines de kilomètres à l'ouest du centre de Bangkok.

La Thaïlande est touchée depuis cinq mois par des manifestations antigouvernementales qui se sont intensifiées quand le parti au pouvoir a tenté de faire adopter, par le Parlement, un projet de loi d'amnistie qui aurait permis au frère de Mme Yingluck, l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra renversé par l'armée en 2006, de revenir de son exil et d'éviter de purger une peine de prison pour corruption.

Même si le nombre de manifestants antigouvernementaux à Bangkok a considérablement diminué au cours des dernières semaines, Mme Yingluck et son gouvernement restent très vulnérables aux menaces judiciaires. De nombreux analystes prédisent que son gouvernement sera renversé par un «coup d'État judiciaire», les tribunaux thaïlandais et les agences publiques indépendantes étant considérés comme opposés à la machine politique de la famille Shinawatra.

S'adressant à une foule de plusieurs milliers de personnes, samedi, le leader des chemises rouges, Jatuporn Promphan, a déclaré que les manifestants antigouvernementaux et les institutions judiciaires du pays tentaient «de prendre le pouvoir sans élections».

«Nous nous battrons si le pays devient antidémocratique», a-t-il affirmé.

Mme Yingluck agit comme première ministre intérimaire dont les pouvoirs ont été automatiquement réduits depuis qu'elle a convoqué les élections de février et dissous la chambre basse du Parlement. Le déclenchement des élections visait à apaiser les tensions politiques, mais elles n'ont fait que s'intensifier. Même si le scrutin a eu lieu, les résultats ont été annulés par la Cour constitutionnelle le mois dernier.

Aucune date n'a été fixée pour de nouvelles élections. Les opposants de Yingluck Shinawatra espèrent que son incapacité à former un nouveau gouvernement provoquera une crise constitutionnelle qui leur permettra d'invoquer des clauses vagues de la Constitutions pour la remplacer par un premier ministre non élu.

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