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SMS coupés pendant l'élection afghane: un "risque pour la transparence" (observateur UE)

05/04/2014 06:24 EDT | Actualisé 05/06/2014 05:12 EDT

La mission d'observation de l'Union européenne en Afghanistan a dénoncé la suspension par les autorités afghanes du service de SMS pendant l'élection de samedi, qui mine selon elle le contrôle du scrutin par des observateurs et constitue un "risque" pour sa "transparence".

Pour le chef de la mission de l'UE, Thijs Berman, cette mesure a des conséquences directes sur le travail des dizaines de milliers d'observateurs afghans chargés de veiller au bon déroulement de l'élection.

"Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est qu'on a fermé les services SMS. Ça m'inquiète énormément parce que les observateurs, depuis leurs bureaux de vote dans les régions, dans les villes, ne peuvent pas communiquer entre eux facilement sur ce qui se passe", a-t-il déclaré à l'AFP.

"C'est un risque pour leur sécurité, c'est un risque aussi pour la transparence du scrutin. C'est un fait notable de ce jour de scrutin", a-t-il insisté.

M. Berman a exprimé cette inquiétude dans une lettre adressée à la fois à la Commission des plaintes et des recours (ECC), à la Force de l'Otan en Afghanistan (Isaf) et à l'envoyé spécial de l'ONU dans le pays. Selon lui, la suspension du service de SMS pourrait avoir des "conséquences très négatives (...) sur la qualité et la crédibilité de l'élection".

Interrogé par l'AFP, l'autorité afghane de régulation des télécoms a soutenu avoir pris cette mesure à la demande de la Commission des plaintes (ECC) qui l'a saisie après avoir "eu des informations indiquant qu'un million de SMS en faveur d'un candidat avaient été envoyés à des électeurs".

Peu loquace sur le sujet, l'ECC n'a pas confirmé ces déclarations, assurant au contraire dans un court communiqué avoir demandé la réactivation du service car la suspension des SMS pouvait "favoriser la fraude".

Les services de textos seront rétablis samedi en soirée, a assuré l'autorité des télécommunications.

Les Afghans votaient samedi pour le premier tour de l'élection présidentielle qui doit désigner le successeur de Hamid Karzaï, seul homme à avoir dirigé l'Afghanistan depuis la chute des talibans en 2001.

Cette première passation de pouvoir d'un président afghan démocratiquement élu à un autre est considérée comme un test majeur pour la stabilité du pays, alors que le retrait des forces occidentales fait craindre qu'il ne retombe dans le chaos.

Les fraudes, qui avaient largement entaché la précédente présidentielle, en 2009, sont une des grandes craintes du scrutin.

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