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Marois lance un appel aux francophones de la CAQ et de QS pour qu'ils bloquent le PLQ

05/04/2014 10:38 EDT | Actualisé 05/06/2014 05:12 EDT

TROIS-RIVIÈRES, Qc - La chef péquiste Pauline Marois a lancé un appel aux francophones, samedi, pour qu'ils cessent de courber l'échine et bloquent un retour des libéraux en votant pour le Parti québécois.

Dans un discours prononcé devant 400 personnes dans un hôtel trifluvien, Mme Marois a fait une mise en garde contre les conséquences de l'élection des libéraux, qui ont résisté à la mise en place d'une commission d'enquête sur la construction.

«Avec les libéraux, l'intégrité, je pense qu'on peut oublier ça, et on peut sûrement se questionner, a-t-elle dit. Dix-huit anciens ministres de Jean Charest qui sont dans l'équipe libérale de Philippe Couillard, dix-huit candidats qui ont voté 11 fois contre la mise en place d'une commission d'enquête.»

Selon la chef péquiste, les électeurs doivent tout faire pour empêcher l'élection du chef libéral Philippe Couillard.

«On ne peut pas, on ne doit pas retourner aux années libérales, a-t-elle dit. Il y a des moments dans l'Histoire où une nation doit refuser de courber l'échine et une nation doit se tenir debout.»

Mme Marois a déclaré que les francophones, incluant ceux qui appuient Québec solidaire ou la Coalition avenir Québec, sont majoritairement opposés à un retour des libéraux qui, selon le plus récent sondage, sont en position de retourner au gouvernement après 18 mois dans l'opposition.

«Il y a actuellement une grande majorité de francophones qui ne veulent pas le retour des libéraux, a-t-elle dit. Il y a de très nombreux électeurs solidaires, des électeurs caquistes, qui ne veulent absolument pas un retour des années libérales.»

Aux personnes dans la foule devant elle, Mme Marois leur a demandé de convaincre ceux qui s'apprêtent à ne pas voter pour le PQ.

«Dites-le à tous ceux qui ne veulent pas se réveiller avec un gouvernement libéral mardi matin. Pour ça, vous le savez, il y a une seule façon d'empêcher ça: c'est de voter pour le Parti québécois.»

Durant la journée, sur son fil twitter, le conseiller à l'image de Mme Marois, Yves Desgagnés, a lui aussi émis une mise en garde contre les risques d'une élection des libéraux au gouvernement.

«Le début de la fin de notre nation francophone d'Amérique? Oui, si les libéraux sont élus. Pour la suite du monde, votons PQ» a-t-il écrit.

Un sondage Léger publié samedi par les médias de Québecor montre que le PQ récolte 35 pour cent du vote francophone, contre 27 pour cent pour la CAQ et 9 pour cent pour QS.

Selon l'enquête d'opinion, pour l'ensemble des répondants toute appartenance linguistique confondue, le PQ est passé d'un score de 37 pour cent, début mars, à 29 pour cent cette semaine, derrière les libéraux à 38 pour cent.

Plus tôt samedi, lors d'un point de presse à Drummondville, Mme Marois a refusé de commenter l'effondrement de ses appuis dans les intentions de vote.

Par contre, Mme Marois a reconnu qu'elle aurait dû éviter d'élaborer autant sur la souveraineté durant la campagne électorale, où elle a notamment abordé la question des frontières et de la monnaie d'un Québec indépendant.

«Probablement que je ne reparlerais pas, que je ne répondrais pas aux questions sur la souveraineté, compte tenu que l'enjeu demeure le choix d'un gouvernement, un gouvernement solide», a-t-elle dit.

Devant ces résultats, Mme Marois a choisi de demeurer optimiste quant à la perspective de pouvoir former le prochain gouvernement.

«Rien n'est joué, tout est possible pour lundi, et moi je vais travailler avec les militants qui sont très motivés pour que nous sortions notre vote», a-t-elle dit.

Mme Marois a amorcé son avant-dernière journée de campagne dans la circonscription de Johnson, représentée par son ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet.

Dans la circonscription de Nicolet-Bécancour, que le PQ tente d'enlever à la Coalition avenir Québec, Mme Marois n'a pas précisé qu'elle souhaitait obtenir un mandat majoritaire.

«Lundi, on fait sortir le vote parce qu'on veut former un gouvernement du Parti québécois», a-t-elle lancé à une trentaine de militants réunis dans un restaurant.

Mme Marois a rappelé que ses adversaires libéraux et caquistes ont freiné la progression d'un projet de loi visant à décréter un moratoire sur le gaz de schiste, une industrie qui s'est heurtée à l'opposition de la population sur la rive-sud du fleuve Saint-Laurent.

«Dites-le aux gens que vous rencontrez, a-t-elle dit. Nous avons déposé un projet de loi pour rétablir un moratoire sur les gaz de schiste. Qui l'a refusé? Le Parti libéral et les caquistes aussi. Alors c'est avec cette réalité qu'on vit actuellement.»

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