NOUVELLES

Le Giec explore les pistes pour limiter le réchauffement climatique

05/04/2014 01:59 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

La planète se réchauffe à un rythme inédit et dangereux et réduire les émissions de gaz à effet de serre est une urgence: au-delà de ce message, les experts du Giec vont exposer à Berlin les scénarios pour y parvenir.

A partir de lundi, scientifiques et les délégations de 195 pays membres du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU vont débattre et adopter, en vue de sa publication le 13 avril, un "résumé pour décideurs".

Une synthèse précieuse à l'heure où la communauté internationale s'apprête à entrer dans une période d'intenses négociations pour parvenir, à Paris fin 2015, à sceller un accord global et contraignant sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre (GES).

L'objectif est de limiter le réchauffement à 2°C, par rapport à la période pre-industrielle, quand la trajectoire actuelle est de + 4°C vers 2100.

Et "pour ne pas dépasser les 2°C, il faut baisser très rapidement les émissions de GES: il faudrait en fait les diviser environ par 3 d'ici à 2050", explique le climatologue Hervé Le Treut, contributeur au Giec.

Cet acte III du Giec vient compléter sa mise à jour de l'ensemble des connaissances sur le climat, un exercice inédit depuis 2007.

En septembre, les experts avaient publié un état des lieux sur les preuves physiques du réchauffement, estimant aussi que la température de la Terre devrait encore grimper de 0,3 à 4,8°C d'ici à 2100, en fonction du niveau d'émissions des GES. Le niveau moyen de la mer devrait lui remonter de 26 à 82 cm d'ici la fin du siècle.

Il y a une semaine, le Giec présentait un rapport sur les impacts du réchauffement et lesd actions d'adaptation.

"Le groupe 3 du Giec s'attèle à l'atténuation, c'est-à-dire comment on peut faire pour atténuer notre impact sur le climat, soit concrètement comment on peut limiter les émissions de gaz à effet de serre", explique Jean-Charles Hourcade, économiste et un des 271 auteurs de cette analyse de plusieurs centaines de pages.

- 'On ne négocie pas avec la nature' -

Les voies explorées par le Giec, qui recense les études existantes, vont de l'efficacité énergétique à la taxation du carbone en passant par la gestion des terres agricoles ou le soutien aux énergies non fossiles... Les méthodes de capture du CO2, le plus important gaz à effet de serre, sont aussi évaluées.

En 2010, les émissions de gaz de GES ont été dues à 35% à la production d'énergie, 24% à l'agriculture et la forêt, 21% à l'industrie, 14% aux transports et 6% au bâtiment.

Et elles ne cessent de croître dans un monde qui consomme toujours plus de charbon et de pétrole. Entre 2000 et 2010, elles ont augmenté de 2,2%, soit plus vite qu'entre 1970 et 2000 (+1,3%). La Chine et les Etats-Unis sont les plus gros émetteurs.

Réduire les émissions de GES, dus à 75% aux énergies fossiles, permettra de limiter les impacts du réchauffement: baisse globale des rendements agricoles, mise en danger de certaines espèces, diminution de la ressource en eau, hausse des dommages et des coûts sanitaires liés aux évènements extrêmes, migrations, etc.

Il y a dix jours, le Giec a mis en avant des risques de conflits dus à une compétition accrue pour les ressources et la vulnérabilité plus élevée des populations pauvres des pays en voie de développement.

Au-delà de 2°C, l'adaptation sera beaucoup plus difficile et coûteuse, et des conséquences dramatiques ne pourront être évitées, estiment les scientifiques.

A titre d'exemple, avec une hausse de 4 degrés, le niveau moyen des mers gagnerait près d'un mètre, ce qui submergerait de nombreuses îles et deltas et mettrait en danger les zones côtières de nombreux pays.

A Bruxelles cette semaine, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui va organiser en septembre à New York un sommet des chefs d'Etat sur le climat, a appelé à la mobilisation: "on ne négocie pas avec la nature".

ces/dab/jh

PLUS:hp