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L'abstention, seule rivale de l'unique candidat à la présidence au Costa Rica

05/04/2014 05:07 EDT | Actualisé 05/06/2014 05:12 EDT

SAN JOSÉ, Costa Rica - Aucun obstacle ne se dresse entre Luis Solis et la présidence du Costa Rica.

Le rival du candidat de centre-gauche au deuxième tour de la présidentielle, dimanche, a abandonné la course il y a un mois, laissant à M. Solis un seul défi à relever: inciter suffisamment de Costariciens à se rendre aux urnes pour lui donner un total de votes respectable.

M. Solis a dominé le premier tour de la présidentielle, en février, avec 30 pour cent des voix et moins d'un point d'avance sur son plus proche rival, Johnny Araya, de Libération nationale, le parti actuellement au pouvoir. Mais un peu plus d'un mois plus tard, les sondages montraient que M. Solis dominait la course dans une proportion de deux ou trois contre un, et M. Araya a cessé de faire campagne, estimant que ce serait une perte d'argent.

Luis Solis, qui aura 56 ans plus tard en avril, a promis de former un gouvernement plus engagé qui se concentrera sur le soutien aux petites et moyennes entreprises tout en renforçant les programmes sociaux et environnementaux, dans ce pays depuis longtemps considéré comme le plus stable d'Amérique centrale.

Même si son Parti d'action citoyenne s'est opposé à l'Accord de libre-échange d'Amérique centrale, M. Solis a indiqué qu'il ne retirerait pas le Costa Rica de l'accord, mais qu'il tenterait plutôt d'en tirer le meilleur parti.

Une fois élu, le président devra négocier pour faire adopter ses politiques par les députés. Son parti ne détient que 13 des 57 sièges à l'Assemblée nationale, et les analystes estiment que le résultat du vote de dimanche pourrait aussi affecter son influence.

«S'il obtient moins de votes que ce qu'il a obtenu au premier tour, il n'aura pas de légitimité politique même s'il est légalement président», a expliqué Francisco Barahona, professeur de science politique à l'université du Costa Rica.

Fils d'un cordonnier devenu homme d'affaires, Luis Solis a étudié l'histoire à l'université du Costa Rica et a obtenu une maîtrise en études latino-américaines à l'université Tulane, aux États-Unis. Il a aussi enseigné dans des universités de la Floride et du Michigan.

De retour au pays, il a enseigné dans des universités locales et a travaillé au ministère des Affaires étrangères à l'époque où le président Oscar Arias tentait de négocier la fin des guerres civiles en Amérique centrale. Il a ensuite été ambassadeur et secrétaire général du parti Libération nationale.

M. Solis a quitté le parti en 2005, se plaignant de la corruption, et est retourné à l'enseignement. Il s'est joint au Parti d'action citoyenne en 2009.

Le nom de Johnny Araya apparaîtra sur les bulletins de vote parce que la Constitution du Costa Rica n'autorise pas les candidats à la présidentielle à abandonner la course, mais l'ancien maire de San José a indiqué qu'il resterait chez lui dimanche et qu'il ne participerait pas au rassemblement prévu au quartier général de son parti.

Peu d'observateurs s'attendaient à ce que M. Solis se rende au deuxième tour, dans un pays où la politique est dominée depuis trois décennies par deux partis, Libération nationale et le Parti unité sociale-chrétienne.

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