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Venezuela : manifestation pour la libération d'un opposant radical

04/04/2014 04:57 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

L'opposition vénézuélienne a de nouveau manifesté vendredi à Caracas pour exiger la libération de l'opposant radical Leopoldo Lopez, incarcéré depuis mi-février et formellement accusé d'attiser les violences qui secouent le pays depuis deux mois.

Sous le mot d'ordre "Libérez Leopoldo", quelque 3.000 sympathisants de l'opposition se sont rassemblés sur la place Brion de Chacaito, dans l'est aisé de la capitale, bastion de l'opposition, où M. Lopez s'était rendu à la police le 18 février, sous l'oeil des caméras et de milliers de partisans.

"En signe de respect, le gouvernement devrait libérer Leopoldo Lopez et les prisonniers politiques", clamait notamment Ernesto Palacios, un militant de 31 ans.

Les organisateurs ont prévu de mener cette "marche pacifique" jusqu'au Palais de justice, dans le centre de la capitale, dont les habitants sont en majorité favorables au président socialiste Nicolas Maduro.

Plusieurs manifestations d'opposants ont déjà été empêchées d'accéder à ce secteur ces dernières semaines par les autorités locales et les forces de l'ordre.

A la mi-journée, le parquet a formellement accusé M. Lopez d'"incitation à la violence, atteintes à la propriété, incendie et association de malfaiteurs", a indiqué lors d'une conférence de presse la procureure générale du pays, Luisa Ortega Diaz.

"Il revient au tribunal de fixer la date de l'audience" pour juger l'accusé, a-t-elle ajouté à la veille de l'expiration du délai de 45 jours dont disposait le ministère public pour formaliser l'acte d'accusation.

Le Venezuela est le théâtre depuis le 4 février de manifestations parfois violentes d'étudiants et d'opposants contre l'insécurité, la mauvaise situation économique et les brutalités policières.

Au moins trois opposants politiques au président Maduro ont été placés en détention ces dernières semaines. Ils sont notamment accusés d'avoir alimenté les violences dont le bilan s'élève officiellement à 39 morts et plus de 600 blessés depuis le début du mouvement.

Samedi, l'Espagne a annoncé qu'elle suspendait ses exportations d'équipements anti-émeutes et policiers vers le Venezuela, en raison des violences.

Economiste de 42 ans formé notamment à Harvard, aux Etats-Unis, M. Lopez est le fondateur du parti Volonté Populaire (droite), représentant l'aile radicale de la coalition d'opposition au pouvoir "chaviste" de la Table de l'unité démocratique (MUD).

Il prône notamment la poursuite des manifestations pour obtenir la chute du successeur de Hugo Chavez à la tête du pays.

Si l'intensité de la mobilisation n'a cessé de décroître ces dernières semaines, des foyers épars de violence persistent parfois.

Depuis sa cellule dans une prison militaire des environs de Caracas, M. Lopez, a dénoncé sa mise à l'isolement mais évoqué un traitement "respectueux". Il dit avoir droit à une heure d'exercice au plein air par jour et à un petit téléviseur.

"La lutte que j'ai commencée (...) est destinée à obtenir la chute démocratique, pacifique et constitutionnelle de ce qui, sans aucun doute, constitue une dictature au Venezuela", a-t-il affirmé dans une interview écrite à la chaîne de télévision CNN.

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