NOUVELLES

Trois membres de la secte juive Lev Tahor sont maintenus en détention

04/04/2014 04:15 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT
PC

Le tribunal de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada a décidé vendredi à Toronto de maintenir en détention trois membres de la secte juive Lev Tahor.

Trois autres, arrêtés également lors d'une opération de l'Agence des services frontaliers du Canada mercredi à Chatham avaient été relâchés à condition de se rapporter aux autorités une fois par semaine. Ils devront cependant eux-aussi, passer par les mêmes procédures.

Toutes ces personnes sont en situation irrégulière au Canada. Les autorités tentent depuis plusieurs années de les expulser vers Israël, où elles sont nées.

Un septième individu arrêté, qui est un résident américain, a préféré se faire entendre devant un tribunal aux États-Unis.

Les deux hommes, Avraham Kabaz Kashani, 39 ans et Yochanan Laver, 20 ans, ainsi qu'une femme, Odel Malka 29 ans, maintenus en détention devront comparaître à nouveau dans une semaine pour décider de la date à laquelle ils seront renvoyés du pays.

Avraham Kabaz Kashani est entré au Canada il y a 14 ans grâce à un visa temporaire de six mois. Il a tenté de prolonger son séjour au Québec, mais sans succès.

Certaines familles membres de la secte se trouvent au cœur d'une affaire de garde d'enfant, mais les autorités soutiennent que les arrestations ont été effectuées à cause des statuts d'immigration de certains individus et non pas en lien avec l'affaire.

Appel sur la garde des enfants

Pendant ce temps-là, à Chatham, la Cour supérieure de l'Ontario a entendu un appel dans le dossier de la garde de 14 enfants de la communauté.

La juge, Lynda Templeton, a décidé d'ajourner les audiences à mercredi, afin de donner le temps à la défense de vérifier si les services sociaux ont bien suivi un protocole interprovincial dans les cas de rapatriement d'enfants.

La juge s'est aussi adressée directement aux parents présents en cour vendredi. Elle leur a dit qu'elle craignait qu'ils tentent à nouveau de quitter le pays et leur a rappelé leurs obligations légales.

L'un des mineurs, une adolescente de 17 ans a pu rentrer chez elle, mais sans son propre enfant, qui devra rester dans une famille d'accueil à Toronto.

Le groupe fait appel de la décision d'un juge ontarien qui avait confirmé l'ordonnance d'une cour québécoise de confier les 14 enfants à la direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Des enfanst en fuite

Des familles avaient tenté de fuir le pays avant les audiences de l'appel. Six enfants ont été trouvés à Trinité-et-Tobago, deux ont été appréhendés à l'aéroport de Calgary et six autres sont toujours au Guatemala, où ils tentent d'obtenir le statut de réfugié.

La décision d'un tribunal québécois a été prise lorsque 200 membres de la secte ont fui leurs maisons de Ste-Agathe-des-Monts au milieu de la nuit pour aller s'établir à Chatham.

Quelques jours avant, la DPJ avait entamé des procédures judiciaires contre deux familles pour des allégations de mauvais traitements, de mariages forcés et d'enfants mariées.

La communauté a nié ces allégations qui n'ont pas été prouvées en cour.