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Séisme au Chili : bonne gestion, récolte politique?

04/04/2014 05:44 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

Les séismes de forte magnitude comme ceux qu'a connus le Chili cette semaine n'entraînent pas toujours de cataclysme pour les habitants, mais il arrive qu'ils se traduisent en désastre politique pour les dirigeants politiques. À l'inverse, lorsqu'elles sont gérées efficacement par les autorités, les catastrophes naturelles peuvent devenir une occasion pour les politiciens de gagner en popularité.

La présidente chilienne, Micheline Bachelet, connaîtra peut-être les deux scénarios, une fois que les services de base à la population seront entièrement rétablis dans le nord du pays.

Mardi, les ordres d'évacuation ont rapidement été donnés et les forces de sécurité sont arrivées assez tôt sur les lieux pour limiter les dégâts du premier séisme, dont la magnitude a été enregistrée à 8,2. Un deuxième séisme a secoué la même région mercredi, causant toutefois plus de peur que de mal.

Au final, six personnes ont perdu la vie cette semaine, un bilan minuscule en comparaison à celui de plus de 500 morts que la présidente chilienne avait dû assumer au cours de son tout premier mandat.

En février 2010, un séisme de magnitude 8,8 avait frappé le centre-sud du pays. Bachelet avait décrété un retour à la maison trop tôt, avant qu'un tsunami meurtrier ne frappe la côte et tue plus de 150 personnes.

En outre, la présidente, qui a été torturée sous le régime d'Augusto Pinochet, avait hésité à envoyer l'armée pour rétablir l'ordre, laissant la situation virer au pillage. La gestion avait été si chaotique et improvisée que Bachelet a elle-même été traînée en cour par la suite.

Les bons coups

Réélue à la tête du Chili depuis moins de trois mois, Michelle Bachelet essaie actuellement de faire passer une réforme des taxes, de l'éducation et de la constitution visant à combattre les inégalités. Elle pourra cette fois-ci vanter l'efficacité de sa gestion de la crise, que même les Nations unies ont louée.

Des alertes au tsunami ont été lancées, puis levées. Les services d'urgence, bien équipés, ont été rapidement déployés. Une alerte sanitaire a été décrétée pour faciliter l'achat de médicaments.

L'incertitude a entraîné une hausse des prix des produits de base, comme le pain et l'eau, mais les autorités ont imposé l'arrestation des commerçants qui s'adonneraient à la spéculation.

La présidente s'est rendue dans la ville d'Arica, où elle a dû être évacuée en même temps que les résidents.

« Elle n'a pas ressenti le besoin d'être autant devant les caméras que la dernière fois. Elle a laissé d'autres membres du gouvernement s'en charger », souligne Robert Funk, expert en sciences politiques. « Partout où vous alliez, il y avait des policiers et des militaires », raconte Alvaro Hurtado, un ingénieur qui se montre satisfait du déroulement de l'évacuation à Iquique.

Retour à la normale

Vendredi, les gens doivent encore faire la file pour se procurer de la nourriture et de l'essence. Près des épiceries et des stations de service, les militaires montent la garde pour prévenir les pillages, mais aucun incident majeur n'a été rapporté.

Dans la ville d'Alto Hospicio, un secteur pauvre qui s'est retrouvé parmi les plus touchés par les derniers séismes, plus de 80 % des quartiers ont retrouvé leur accès à l'eau courante, mais seulement 50 % ont retrouvé l'électricité. Quelque 2500 logements sociaux ont été sévèrement endommagés dans cette ville.

« L'effort du gouvernement porte sur le retour à la normalité » dans les régions touchées par la vague de séismes, a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement.

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