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Kerry loue le rôle du Maroc pour la "sécurité" et la "prospérité" régionales

04/04/2014 09:54 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, en visite à Rabat, a salué vendredi le rôle joué par le Maroc, un allié de Washington, afin d'apporter "plus de sécurité et de prospérité" régionales, tout en signalant les défis sociaux du pays.

"Le Maroc joue un rôle moteur important, et les Etats-Unis se tiendront au côté (du Maroc) sur cette voie", a déclaré M. Kerry lors de la 2e session du "Dialogue stratégique" entre responsables des deux pays.

"Les 18 accords signés par le Maroc avec le Mali montrent que le royaume amène une plus grande sécurité et une plus grande prospérité dans la région", a-t-il notamment estimé, en référence à la récente tournée du roi en Afrique subsaharienne.

Dans l'après-midi, le diplomate américain a été reçu par le souverain chérifien à Casablanca, la capitale économique, avant de s'envoler vers les Etats-Unis.

Mohammed VI a affirmé que "le contexte régional et international actuel" renforçait "la pertinence et la profondeur" du partenariat Rabat-Washington, a indiqué le Palais royal dans un communiqué publié par l'agence officielle MAP.

Il contribue "à la stabilité, la sécurité durable, la prospérité partagée et au développement humain du continent", a-t-il également plaidé.

En matinée, John Kerry, accompagné de son homologue marocain Salaheddine Mezouar, avait par ailleurs exprimé le soutien de son pays au processus de réformes engagé durant le "printemps arabe" et symbolisé par l'adoption en 2011 d'une nouvelle Constitution sur initiative royale.

Il avait toutefois relevé un "défi" auquel le Maroc est confronté, celui "de fournir du travail et un horizon à la jeunesse" dans un pays où "60% des habitants ont moins de 30 ans".

Si le taux de chômage au Maroc, pays de 35 millions d'habitants, est officiellement compris entre 9% et 10%, il atteint près de 30% chez les jeunes selon la Banque mondiale.

- Accord de libre-échange -

Devant ses hôtes marocains, John Kerry a explicitement mis en avant le rôle du royaume dans la "lutte contre le terrorisme" et abordé la question de la coopération militaire en évoquant l'exercice conjoint en cours près d'Agadir (sud).

Cet exercice annuel avait été annulé l'an dernier à la même époque par le Maroc, courroucé par un projet de résolution américain au Conseil de sécurité, visant à élargir aux droits de l'Homme le mandat de la mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso).

La relation bilatérale avait retrouvé un cours normal avec l'abandon de ce projet, le roi se rendant ensuite en visite officielle à Washington.

A quelques semaines d'un nouveau vote sensible à l'ONU sur ce dossier, John Kerry a réaffirmé la position américaine sur le plan marocain d'autonomie pour le Sahara, qualifié de "sérieux et réaliste" dans un communiqué.

Vaste territoire de moins d'un million d'habitants, cette ex-colonie espagnole est contrôlée par le Maroc mais revendiquée par les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger, qui réclament un référendum d'autodétermination.

Enfin, sur le plan économique, la relation maroco-américaine est marquée par l'existence, depuis 2006, d'un accord de libre-échange qui a vu le commerce bilatéral quadrupler, à 4 milliards USD en 2012.

Les investissements américains au Maroc demeurent en revanche faibles (moins de 200 millions USD cette même année), mais les deux parties ont salué la récente tenue à Rabat d'une Conférence commune sur "le développement des affaires".

A ce jour, la France et l'Espagne sont de loin les deux premiers partenaires économiques du royaume.

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