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Jour 31: Promesse d'une baisse d'impôts: Pauline Marois sur la défensive

04/04/2014 12:14 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - D'hypothétiques baisses d'impôts et une réelle baisse du taux de chômage ont retenu l'attention des chefs, vendredi, en ce 31e jour de campagne.

Le Québec a créé 15 100 nouveaux emplois en mars. Le taux de chômage s'est fixé à 7,6 pour cent, en baisse par rapport à 7,8 pour cent en février.

À Laval, la chef péquiste Pauline Marois, dont le parti semble éprouver des difficultés en fin de parcours, a accueilli la nouvelle comme un baume, en disant que son gouvernement y était peut-être pour quelques chose, grâce au «petit coup de pouce» donné à l'économie. «La confiance est revenue au Québec», selon elle.

À Saint-Jérôme, le chef libéral Philippe Couillard a plutôt retenu que le Québec n'avait pas réussi en mars à rattraper complètement le terrain perdu en février.

Le 7 mars dernier, deux jours après avoir déclenché la campagne électorale, Mme Marois avait attribué la perte de 26 000 emplois, en février, à la volatilité des données mensuelles sur l'emploi.

Du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), ragaillardie par les derniers sondages qui indiquent une remontée de popularité, le chef François Legault a préféré dire à quoi ressembleraient les 100 premiers jours d'un éventuel gouvernement caquiste, qui mettrait l'accent sur l'allègement du fardeau fiscal des contribuables.

À ce propos, Mme Marois a dû expliquer pourquoi elle avait attendu la fin de la campagne électorale pour annoncer des baisses d'impôts en cas de surplus budgétaire, si elle est reportée au pouvoir lundi.

Lors d'un point de presse, Mme Marois a reconnu que le dernier budget de son gouvernement, présenté en février, était muet sur le sujet. Il prévoyait un retour à l'équilibre budgétaire en 2015-2016.

Mais la chef péquiste croit qu'il est possible de dégager davantage de surplus que prévu, grâce à ses politiques de création d'emplois et de croissance de l'économie.

Elle s'est défendue de donner dans «la pensée magique», dans le seul but de regagner le terrain apparemment perdu au profit des libéraux, selon les derniers sondages.

«Nous ne faisons pas de fausses promesses», a-t-elle dit.

Quant à lui, s'il devient premier ministre, M. Legault s'est engagé, à Victoriaville, à présenter un budget en mai, en abolissant la taxe santé pour tous ceux qui gagnent moins de 45 000 $ par année et pour tous les autres l'année suivante, et en faisant de même, progressivement, pour la taxe scolaire.

Il adopterait aussi une Charte des contribuables, qui limiterait à l'inflation toutes les hausses de taxes et tarifs.

M. Legault, qui a aussi parlé de son comité de transition et de la composition de son futur conseil des ministres, s'est défendu de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

Le chef libéral, meneur dans les sondages, a fait de même. Il s'est défendu de faire preuve d'arrogance ou de pécher par excès de confiance, et a soutenu en point de presse qu'il ne tenait pas la victoire pour acquise.

Mais s'il est porté au pouvoir, Philippe Couillard s'est engagé à rendre publics les avis juridiques formulés au gouvernement Marois en relation avec la charte de la laïcité de l'État.

«En toute transparence, effectivement, lorsqu'on arrivera au gouvernement, si les Québécois nous font confiance, ces avis seront publiés», a-t-il déclaré en point de presse

Pourtant, dans le passé, les gouvernements en place n'ont jamais rendu publics ce type d'avis.

Le PLQ prétend que le projet de charte viole les droits fondamentaux garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.

Plus tard, dans la circonscription péquiste de Crémazie, lors d'une activité de presse en plein air, M. Couillard a eu la surprise de voir s'approcher de lui deux femmes torse nu, membres du groupe Femen, qui tentaient de l'interpeller, en arborant le slogan «Je me souviens de la loi 78», en référence aux limites imposées par les libéraux aux manifestations étudiantes en 2012. Elles ont vite été maîtrisées par les policiers présents.

Gonflée d'optimisme, à l'issue d'une rencontre avec le maire de Montréal, Denis Coderre, Françoise David a dit quant à elle s'attendre à ce que Québec solidaire fasse des percées «importantes» lundi, sur l'île de Montréal mais aussi en région.

Et bien que le mouvement étudiant réclamait depuis des années la possibilité de voter directement sur les campus, il n'y a qu'un peu plus de 15 pour cent des étudiants admissibles qui se sont prévalus de cette nouvelle façon de voter.

Selon les données compilées par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), 54 671 étudiants ont voté dans leur établissement d'enseignement pour un candidat de la circonscription de leur domicile d'origine.

Par ailleurs, le DGEQ a enregistré un nombre record d'inscriptions pour le vote des électeurs hors-Québec, soit 18 000.

Au total, avant même le jour officiel du vote, 19,2 pour cent des électeurs ont déjà exprimé leur préférence, soit plus d'1,1 million de bulletins de vote.

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