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GB: la ministre Maria Miller épinglée par la presse qu'elle tente de réguler

04/04/2014 08:42 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

La ministre britannique conservatrice de la Culture, Maria Miller, accusée d'avoir indûment perçu des indemnités parlementaires, se trouvait accusée de favoritisme et menacée d'une enquête policière vendredi, bien qu'ayant présenté la veille ses excuses à ses collègues députés.

"Des parlementaires conspirent pour sauver Miller", titrait en Une le Daily Telegraph, tandis que le Times annonçait que "la colère enfle alors que la ministre s'accroche à son poste".

Une commission, composée majoritairement de parlementaires conservateurs, du même parti politique que la ministre, a contredit jeudi les conclusions d'une enquête indépendante menée pendant 14 mois.

L'enquête avait conclu que Mme Miller devait rembourser 45.000 livres (54.000 euros) d'indemnités perçues indûment pour une résidence secondaire à Wimbledon, au sud-ouest de Londres, dans laquelle elle hébergeait ses parents.

La commission a ramené le remboursement à 5.800 livres (7.000 euros), et a invité l'intéressée à s'excuser pour son "attitude" peu coopérative pendant l'enquête.

"Je présente mes excuses sans réserve", a dit la ministre jeudi devant la Chambre des Communes, en "remerciant les parlementaires pour avoir mis un terme à cette affaire", lors d'une intervention de 32 secondes.

Les députés britanniques ont été au coeur d'un retentissant scandale d'abus de frais parlementaires, en 2009-2010.

John Mann, le parlementaire travailliste qui avait déposé une plainte contre les indemnités excessives de la ministre a appelé à ce qu'elle fasse "maintenant la seule chose décente, et démissionne".

Un autre parlementaire travailliste, Thomas Doherty, a écrit vendredi à Scotland Yard pour demander l'ouverture d'une enquête.

Le Premier ministre David Cameron a quant à lui apporté son "soutien chaleureux" à sa ministre et a appelé "les gens à en rester là".

Le quotidien The Times a fait un parallèle entre la façon dont les parlementaires ont autogéré cette affaire, et l'actuel système d'autorégulation de la presse que la ministre a la charge de réformer, dans la foulée d'un scandale d'écoutes de presse.

En octobre dernier, les trois principaux partis politiques britanniques se sont ainsi entendus sur un nouveau mécanisme de surveillance qui a suscité l'hostilité des médias.

Les écoutes opérées par les tabloïds sont l'objet d'un procès en cours, après avoir suscité l'indignation de l'opinion publique au Royaume-Uni et provoqué un large débat sur les pratiques de la presse.

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