POLITIQUE

Cent jours de CAQ: Legault dévoile ses plans pour un gouvernement caquiste (VIDÉO)

04/04/2014 09:27 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

BELOEIL, Qc - François Legault dit avoir déjà «pensé à tout»: il a cinq priorités pour les 100 premiers jours d'un gouvernement caquiste, il a mis sur pied une équipe de transition et il sait qui il voudra garder ou non dans la haute fonction publique.

Lors d'une conférence de presse vendredi matin à Victoriaville, il s'est défendu d'être ainsi présomptueux envers les électeurs, qui feront leur choix lundi. En soirée, il les a appelés à une «deuxième révolution», après la Révolution tranquille.

Devant une poignée de militants réunis dans une chocolaterie de Beloeil, dans la circonscription péquiste de Borduas, M. Legault a dit qu'ils ont la chance d'aider le parti à «marquer l'histoire lundi soir», pour entreprendre «un tournant dans l'histoire».

«Ne manquez pas cette occasion en or (d'en finir avec 40 ans de chicanes), de faire une deuxième petite révolution. Les plus vieux se rappellent il y a 50 ans, la Révolution tranquille. On a dit: on recommence à neuf. Ben on est là, il faut faire une deuxième révolution, pis c'est possible!»

Les sondages des dernières semaines n'ont pas donné de majorité incontestable à aucun des partis et ont cantonné la CAQ dans sa troisième place. Mais la remontée suggérée donne confiance à M. Legault, dont l'équipe a pris le contrôle de la «troisième période» en marquant «plusieurs buts», a-t-il dit en reprenant l'image d'un match de hockey, dans sa conférence de presse de vendredi matin.

François Legault dit bien connaître l'appareil d'État et est conscient qu'il devra diriger un jeu de chaises musicales chez les sous-ministres et à la direction des sociétés d'État s'il veut voir ses réformes aboutir sans se perdre dans l'inertie bureaucratique.

«J'ai tout pensé, je sais qui est là, qui je voudrais garder, qui je ne suis pas sûr de vouloir garder. J'ai la chance d'avoir vu certains fonctionnaires qui ne sont pas à la bonne place mais que je mettrais à la bonne place. J'ai une idée de comment partir l'affaire», a-t-il dit.

Son comité de transition désignera les hauts-fonctionnaires qui dirigeront les trois ou quatre ministères importants, a-t-il précisé, en énumérant les Finances, la Santé, l'Éducation, les Transports, et bien sûr, le secrétaire du Conseil exécutif, le premier fonctionnaire de l'État. Idem pour les trois ou quatre grandes sociétés d'État importantes: François Legault a déjà une bonne idée de ses choix.

Il se défend toutefois de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Car le scrutin n'est que lundi et rien ne semble joué, surtout que son parti n'a jamais obtenu plus que 20 pour cent dans les sondages.

«Mais un athlète qui ne vise pas la médaille d'or ne gagnera jamais la médaille d'or. La tendance que je vois sur le terrain me montre que c'est possible», a-t-il dit.

Et François Legault a déjà prévu la suite du match. Il a détaillé les cinq premiers gestes que posera un gouvernement caquiste dans les 100 premiers jours de son mandat: abolition de la taxe santé dans un nouveau budget qui serait déposé d’ici la fin de mai, suivie de l'abolition progressive de la taxe scolaire; adoption d'une Charte des contribuables, qui limitera à l'inflation toute hausse de taxes et tarifs; mise en place du Projet Saint-Laurent, une stratégie de relance de l'économie; mettre fin aux nominations partisanes; et enfin, adoption d'une Charte de la laïcité, qu'il promet «responsable et équilibrée».

François Legault s'est toutefois aussi permis d'ajouter une sixième mission à accomplir dans les 100 premiers jours: il veut avoir complété la revue exhaustive de tous les projets d'infrastructures — les grands chantiers planifiés par le gouvernement — pour mettre un frein aux projets non prioritaires.

En après-midi, le leader de la CAQ a commenté les plus récentes données sur l'emploi au Québec en mars, parues vendredi. Après avoir diminué en février, l'emploi au Québec a légèrement augmenté de 15 000 en mars, et le taux de chômage s'est fixé à 7,6 pour cent, comparativement à 7,8 pour cent le mois précédent.

Néanmoins, M. Legault n'y voit rien de bon. Selon lui, 18 000 emplois ont été créés non pas dans le secteur privé, mais dans le secteur public, donc «c'est avec votre argent, ce n'est pas comme ça qu'on va créer de la richesse». Pire encore, sur 12 mois, il s'est créé 800 emplois en tout et pour tout au Québec, par rapport à 90 000 en Ontario.

«On n'est pas dans le coup, l'économie ne va pas bien. Mme Marois est vraiment jovialiste et elle se contente de très peu», a-t-il dit dans un point de presse à Louiseville.

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