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France: premier conseil des ministres pour le "gouvernement de combat" de Manuel Valls

04/04/2014 08:44 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

Le président français François Hollande a présidé vendredi le premier Conseil des ministres du "gouvernement de combat" confié à Manuel Valls, chargé de donner "efficacité" et "rapidité" après la débâcle subie par le Parti socialiste aux élections municipales.

Ce Conseil des ministres, qui a lancé une nouvelle étape du quinquennat du président socialiste, a été l'occasion de préciser aux 16 ministres nommés mercredi ce que le président et son Premier ministre attendent d'eux: "exemplarité", "collégialité", "solidarité" dans l'organisation du travail comme dans la "communication", alors que le précédent gouvernement de Jean-Marc Ayrault a été marqué par de nombreux couacs.

"Cohérence, efficacité, rapidité de l'action publique sont les enjeux de cette seconde étape du quinquennat", a déclaré le porte-parole du gouvernement Stéphane le Foll, rapportant les propos du président à l'issue de la réunion.

Signe cependant de la continuité de l'équipe avec la précédente, François Hollande a salué "de manière appuyée" l'action de l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault pendant les 22 premiers mois de sa présidence.

Les 16 ministres - huit femmes et huit hommes - ont posé pour les photographes sur les marches du palais présidentiel de l'Elysée après la réunion qui a duré un peu plus d'une heure.

Ségolène Royal était à la droite de Manuel Valls, tandis que le président était flanqué du chef de la diplomatie Laurent Fabius, dont les prérogatives ont été étendues au Commerce extérieur.

Situation totalement inédite, l'ex-candidate à l'élection présidentielle de 2007 fait son grand retour sur la scène politique comme numéro trois du nouveau gouvernement de François Hollande, son ex-compagnon, père de ses quatre enfants, à la tête d'un grand ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie.

- Pas d'état de grâce -

Conformément à la Constitution, ce premier conseil a autorisé M. Valls à engager la responsabilité de son gouvernement mardi prochain devant les députés sur une déclaration de politique générale. Cette étape devrait être franchie sans risque majeur, les socialistes étant majoritaires à l'Assemblée nationale.

Cependant, avec le départ des écologistes du gouvernement, mécontents que leur demande d'un changement de cap plus social n'ait pas été entendue, des tensions ne sont pas à exclure.

Les parlementaires écologistes - 17 à l'Assemblée, 10 au Sénat - ont prévenu qu'ils réservaient leur réponse à l'engagement de responsabilité du gouvernement. "Il n'y a ni défiance automatique, ni confiance absolue", a déclaré leur chef de file au Sénat, Jean-Vincent Placé, "on verra mardi lors du discours de politique générale" de Manuel Valls.

Le nouveau Premier ministre, que M. Hollande a chargé en annonçant lundi sa nomination de diriger "un gouvernement de combat", prend ses fonctions sans état de grâce: 41% des Français seulement déclarent lui faire confiance, 47% non, selon l'observatoire politique CSA, alors que d'après l'institut Opinion Way, 43% lui font "confiance" contre 56%.

Alors que M. Hollande a promis une équipe "cohérente et soudée", celle-ci, à peine constituée mercredi, a connu un premier couac autour de l'attribution du portefeuille du Commerce extérieur, que se disputaient Laurent Fabius et le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg.

Après plus d'une journée de tergiversations, les services du Premier ministre ont fini par annoncer jeudi soir que ce dossier reviendrait au ministre des Affaires étrangères et numéro deux du gouvernement, qui depuis sa nomination en 2012 a fait de "la diplomatie économique" une priorité de son action.

La semaine prochaine, une dizaine de secrétaires d'Etat doivent venir compléter ce nouveau gouvernement que le président français a voulu "resserré", à l'exemple du gouvernement allemand.

Vendredi a également débuté le "troisième tour" des municipales avec l'élection des maires par les conseils municipaux, qui se prolongera jusqu'à dimanche. La socialiste Anne Hidalgo doit devenir samedi la première femme à la tête de Paris.

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