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Bolivie: entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les investissements étrangers

04/04/2014 06:09 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

Le président bolivien Evo Morales a promulgué vendredi une nouvelle loi de promotion de l'investissement visant à attirer davantage de capitaux étrangers dans ce pays où l'Etat mène depuis plusieurs années une campagne de nationalisations.

Devant la presse, M. Morales a annoncé que cette loi fournit un certain nombre de garanties aux entreprises à capitaux étrangers, notamment au regard de leurs bénéfices, mais il a également souligné qu'elle constituait un "instrument pour le développement".

Inquiètes des nombreuses nationalisations menées depuis 2006, les entreprises étrangères "nous demandaient une sécurité juridique pour garantir les bénéfices (...) mais pour nous la sécurité juridique vise à garantir la vie humaine", a expliqué le président socialiste.

Selon le gouvernement, le texte vise trois objectifs: alimenter les secteurs productifs stratégiques, créer de l'emploi et équilibrer l'investissement entre les régions du pays.

En outre, la loi prévoit que désormais les conflits avec les acteurs étrangers devront être résolus dans le cadre de la législation nationale et non devant les tribunaux internationaux, où "les privés gagnent toujours" selon le président bolivien.

Ce dernier n'a pas fourni davantage de précisions sur le contenu du texte.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, M. Morales a lancé un plan de nationalisation des hydrocarbures, des télécommunications et des ressources minières, auparavant détenus par des multinationales.

De nombreux conflits avec des entreprises étrangères ont dû être réglés par les tribunaux internationaux. En février, une cour d'arbitrage de l'ONU a notamment ordonné à la Bolivie de verser une indemnité à une compagnie d'électricité britannique, Rurelec PLC, victime selon elle d'une expropriation illégale en 2010.

Selon le ministère public, le montant des indemnisations demandées à la Bolivie dans le cadre de ces nationalisations s'élevait fin 2013 à 1,87 milliard de dollars.

Pour autant, selon le président bolivien, issu de la minorité amérindienne du pays, ces nationalisations n'ont pas entamé l'investissement étranger dans le pays, bien au contraire. Il a affirmé vendredi qu'en 2005, il ne s'élevait qu'à 221 millions de dollars, contre 1,75 milliard en 2013.

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