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Afghanistan: une journaliste occidentale tuée, une autre blessée (police)

04/04/2014 04:41 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

Une journaliste occidentale a été tuée et une autre grièvement blessée vendredi dans une attaque alors qu'elles couvraient la préparation de l'élection présidentielle afghane de samedi dans l'est du pays, a annoncé à l'AFP la police locale.

Il s'agit de la deuxième attaque visant directement un journaliste occidental en Afghanistan après le meurtre de Nils Horner, un grand reporter anglo-suédois abattu le 11 mars en pleine rue dans le centre de la capitale Kaboul.

"L'une des journalistes a été tuée sur le coup et l'autre se trouve dans un état critique", a déclaré Yaqub Mandozai, chef adjoint de la police de la province de Khost, en évoquant une attaque menée par un homme en uniforme de policier.

Khost, où a eu lieu l'agression, est une province reculée et très infiltrée par la rébellion des talibans. Elle est frontalière des zones tribales pakistanaises, importante base arrière des insurgés.

"Nous sommes profondément désolés pour cet incident tragique. C'est la première fois dans l'histoire de la province de Khost que des journalistes étrangers sont attaqués", a ajouté M. Mandozai.

L'attaque et son bilan ont été confirmés à l'AFP par une source occidentale.

"Les deux journalistes ont été attaquées" dans le district de Tanai vers 10H45 (06H15 GMT) alors qu'elles se trouvaient au siège local de la police, a de son côté précisé Mobarez Mohammad Zadran, porte-parole de la police de la province.

Le ministère afghan de l'Intérieur a lui "fermement condamné" cette attaque menée par "un policier", et annoncé l'ouverture d'une enquête.

Outre Nils Horner, un journaliste afghan de l'AFP, Sardar Ahmad, a également été tué il y a deux semaines lors d'une opération menée par un commando suicide taliban contre l'hôtel Serena de Kaboul, qui avait fait au total neuf morts, dont quatre étrangers.

Ces violences interviennent à la veille de l'élection présidentielle afghane, un scrutin test pour la stabilité du pays et que les talibans ont promis de "perturber" par tous les moyens.

Les attaques visant les étrangers ou les sites fréquentés par les étrangers se sont multipliées depuis le début de l'année. Le 21 janvier, une opération suicide des rebelles islamistes contre le restaurant la Taverne du Liban a fait 21 morts, dont 13 étrangers. Et la semaine dernière, une résidence abritant une ONG occidentale a également été visée par une attaque.

Ces violences ont poussé plusieurs organisations étrangères, dont certaines avaient pour mission de veiller au bon déroulement de la présidentielle, à quitter l'Afghanistan.

Ce scrutin désignera le successeur de Hamid Karzaï, seul homme à avoir dirigé le pays depuis la chute des talibans en 2001 et à qui la Constitution interdit de briguer un troisième.

Cette élection intervient alors que le pays traverse une période d'incertitudes à l'approche du retrait de la Force internationale de l'Otan (Isaf), d'ici la fin de l'année, qui fait craindre une nouvelle flambée des violences dans le pays.

Plus de 400.000 forces de sécurité afghanes ont été déployées pour assurer la sécurité du scrutin, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Omar Daudzai, alors que la capitale était complètement bouclée vendredi.

Parmi les huit candidats à la présidentielle, trois anciens ministres de M. Karzaï se sont imposés comme favoris: Zalmai Rassoul, considéré comme le candidat du pouvoir sortant, Ashraf Ghani, un économiste réputé, et Abdullah Abdullah, opposant arrivé en seconde position lors de la présidentielle de 2009.

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