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Abbas minimise les menaces d'Israël, Kerry évoque un repli américain

04/04/2014 08:43 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

Le président palestinien Mahmoud Abbas a balayé les menaces de sanctions israéliennes en riposte à la signature de 15 conventions internationales, le secrétaire d'Etat américain John Kerry évoquant vendredi un désengagement de Washington du processus de paix.

Le négociateur palestinien Saëb Erakat rencontrait dans l'après-midi le médiateur américain Martin Indyk, a-t-on appris de sources palestiniennes proches des discussions.

M. Kerry a déploré qu'"au cours des derniers jours les deux parties aient pris des initiatives qui n'aident pas" au dialogue, précisant qu'il allait se concerter avec le président américain pour "évaluer précisément ce qu'il est possible et n'est pas possible" de faire.

"Il y a des limites au temps et aux efforts que les Etats-Unis peuvent consacrer si les parties ne sont pas désireuses de faire des progrès", a prévenu le chef de la diplomatie américaine à Rabat, insistant: "Ce n'est pas une démarche sans fin et ça ne l'a jamais été".

Après le refus d'Israël de libérer le 29 mars le dernier contingent de prisonniers prévu lors de la relance des pourparlers sous l'égide de M. Kerry en juillet, le président palestinien a réagi en signant mardi les demandes d'adhésion à 15 conventions et traités internationaux.

M. Abbas a refusé de revenir sur ces demandes, lors d'une conversation téléphonique avec M. Kerry jeudi soir, a annoncé à l'AFP un responsable palestinien.

"Kerry a ajouté qu'Israël menaçait d'une forte riposte aux actions palestiniennes" et a jugé les exigences du président palestinien pour prolonger les négociations de paix au-delà de l'échéance du 29 avril difficiles à accepter pour Israël, lui demandant de les réduire, a indiqué ce responsable.

"Nos exigences ne sont pas nombreuses et les menaces d'Israël ne font plus peur à personne, et ils peuvent faire ce que bon leur semble", a répliqué M. Abbas, selon la même source.

Selon des sources proches des discussions, les Palestiniens exigent la libération d'un millier de prisonniers supplémentaires, dont d'importants dirigeants, alors qu'Israël en proposerait environ 400 en fin de peine.

- Compromis possible avant le 29 avril -

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Moshé Yaalon ont demandé dès mercredi à l'administration militaire dans les Territoires palestiniens de proposer une série de mesures punitives contre les Palestiniens, selon le quotidien Haaretz.

Israël compte geler l'autorisation accordée à l'opérateur de téléphonie mobile palestinien Wataniya de développer son réseau dans la bande de Gaza et accroître les restrictions aux activités des Palestiniens dans les 60 % de Cisjordanie occupée sous son contrôle exclusif, selon les médias israéliens.

Israël pourrait également geler de nouveau le transfert de taxes collectées pour le compte de l'Autorité palestinienne.

En outre, dans un geste interprété par ses opposants comme une mesure de rétorsion, le ministère israélien de l'Intérieur a donné jeudi son feu vert au projet de construction d'un musée archéologique controversé dans le quartier palestinien de Silwan, à Jérusalem-Est occupé et annexé.

Quelque 1.500 de Palestiniens ont manifesté devant la prison israélienne d'Ofer, près de Ramallah (Cisjordanie), à l'appel des familles des prisonniers qui devaient être libérés le 29 mars. Huit manifestants ont été blessés par des tirs des soldats israéliens, selon des sources médicales.

Jeudi, la chef de l'équipe de négociateurs israéliens Tzipi Livni a informé M. Erakat que ces libérations étaient désormais annulées.

Le Parlement israélien doit débattre lundi de la crise du processus de paix.

Selon le quotidien Yediot Aharonot, les dirigeants israéliens n'excluent cependant pas de parvenir à un compromis avant l'échéance du 29 avril.

Les correspondants de Défense du Yediot et du quotidien Haaretz soulignaient vendredi que la riposte de Mahmoud Abbas à la non-libération des prisonniers avait été mesurée.

Amnesty International a pour sa part salué les demandes d'adhésion, soulignant avoir plaidé pour que la "Palestine devienne Etat partie à tous les traités des droits de l'Homme et de droit humanitaire" depuis son accession au statut d'Etat observateur à l'ONU le 29 novembre 2012.

"Amnesty réitère son appel à la Palestine pour devenir un Etat partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Cette démarche pourrait ouvrir la voie à la justice pour les victimes de crimes de guerre (...) dans les Territoires palestiniens occupés", selon un communiqué.

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