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Toto Riina doit contester en Italie sa vidéosurveillance en prison (CEDH)

03/04/2014 07:31 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a refusé jeudi de se prononcer sur la vidéosurveillance imposée en prison, y compris aux toilettes, à l'ancien "parrain des parrains" de la mafia sicilienne, Toto Riina, et lui a conseillé de se tourner vers la Cour de cassation italienne.

L'ancien chef suprême de Cosa Nostra, aujourd'hui âgé de 83 ans, est actuellement incarcéré à Milan, dans le cadre d'une peine à perpétuité qu'il purge depuis 1993. En 2009, il avait déposé une requête devant la CEDH pour contester ses conditions de détention.

Il s'y plaignait notamment "de la vidéosurveillance constante de sa cellule, y compris dans les toilettes".

En mars 2013, les juges européens avaient rejeté la plupart de ses griefs, mais avaient réservé leur réponse quant à la vidéosurveillance, dans l'attente de précisions de la part du gouvernement italien.

Jeudi, la Cour européenne a finalement déclaré irrecevable cette partie de la requête, car selon elle le "parrain" n'a pas épuisé toutes les voies de recours judiciaire en Italie: il ne s'est pas pourvu en cassation après qu'un tribunal de l'application des peines eut refusé de se prononcer sur ce problème de la vidéosurveillance.

Salvatore "Toto" Riina, surnommé "La Belva" ("le fauve"), a été l'un des parrains les plus violents et les plus redoutés de l'histoire de la mafia sicilienne.

Le chef du clan des Corleone a fait régner la terreur pendant près de 20 ans en Sicile et au sein de Cosa Nostra, dont il avait pris le contrôle à partir des années 1970.

Accusé d'avoir commandité plus de 150 homicides, condamné à une vingtaine de peines de prison à vie, il est surtout connu pour avoir ordonné les meurtres des juges antimafia Giovanni Falcone (1992) et Paolo Borsellino (1993) et pour avoir été l'un des cerveaux des attentats meurtriers de 1993 à Rome, Milan et Florence (10 morts au total).

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