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Quinze policiers brésiliens coupables du massacre de prisonniers

03/04/2014 10:52 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

SAO PAULO - Quinze policiers ont été reconnus coupables, jeudi, du massacre de quatre détenus lors d'une émeute survenue en 1992 à la prison de Carandiru, à Sao Paulo.

Chaque policier a écopé de 48 ans de prison, mais la loi brésilienne plafonne à 30 ans la durée maximale qu'un détenu peut passer derrière les barreaux.

Il s'agissait du quatrième et dernier procès impliquant l'émeute de Carandiru, qui avait coûté la vie à 111 prisonniers. La prison a depuis été fermée.

En avril 2013, 23 policiers avaient reçu des peines de 156 ans de prison après avoir été reconnus coupables des meurtres de 11 détenus. Et plus tôt cette année, 10 officiers ont écopé de plus de 90 ans de prison pour la mort de huit prisonniers.

En 2011, un colonel de la police, Ubiratan Guimaraes, a été condamné à une peine astronomique de 632 ans de prison pour avoir eu recours à une force excessive quand il a ordonné aux policiers d'écraser la rébellion. Sa peine a toutefois été annulée en 2006, quand un tribunal de Sao Paulo a conclu qu'il ne faisait que suivre les ordres.

M. Guimaraes a été retrouvé mort chez lui, sept mois plus tard. Il avait été atteint d'une balle à la poitrine. Sa conjointe a été accusée puis acquittée de son meurtre.

L'émeute a débuté par une bagarre entre membres de groupes rivaux. Les violences se sont ensuite propagées à tout le pénitencier, qui accueillait à ce moment presque 8000 hommes même s'il n'avait été conçu que pour en héberger 4000. L'émeute a fait rage pendant plusieurs heures avant que plus de 300 policiers ne donnent l'assaut, abattant plus d'une centaine de détenus en 30 minutes.

Des autopsies ont déterminé que les détenus avaient été atteints, en moyenne, de cinq balles chacun. Aucun policier n'a été tué.

La prison a été démolie dix ans après la tuerie et transformée en parc.

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