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Musharraf échappe à une bombe à Islamabad

03/04/2014 10:22 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf est sorti indemne de l'explosion d'une bombe à Islamabad, mercredi en début de soirée. Musharraf a été inculpé cette semaine de « haute trahison » par un tribunal d'exception.

L'explosion a eu lieu une vingtaine de minutes avant l'arrivée prévue du convoi de l'ex-président, selon la police d'Islamabad. Les événements se sont déroulés au moment même où Musharraf quittait l'hôpital où il a passé les trois derniers mois en raison de problèmes coronariens. Il se dirigeait vers sa villa de Chak Shahzad, en banlieue d'Islamabad.

Personne n'a été blessé lors de l'explosion de la bombe.

Le trajet du convoi de Musharraf a été modifié immédiatement après l'incident.

Coupable de haute trahison

La Cour pakistanaise affirme que l'ex-président, en poste entre 1999 et 2008, a « trahi » le pays en imposant l'état d'urgence, la suspension de la Constitution et le congédiement de juges en 2007. Ces accusations sont passibles de la peine de mort.

Musharraf croit toutefois être victime d'un complot de ses adversaires politiques, dont le premier ministre, Nawaz Sharif. C'est ce dernier qui a mis sur pied le tribunal d'exception.

L'ex-président a plaidé non coupable.

Il fait également l'objet d'enquêtes pour son rôle présumé dans l'assassinat de son ex-rivale Benazir Bhutto, du chef rebelle baloutche Akbar Bugti et dans l'attaque meurtrière de l'armée contre des islamistes retirés dans la mosquée Rouge d'Islamabad.

Trois tentatives d'assassinat esquivées

Musharraf a déjà survécu à trois tentatives d'assassinat.

Le 14 décembre 2003, il a échappé à une bombe. Celle-ci a explosé quelques minutes après le passage de son convoi à Rawalpindi, près de la capitale.

Une semaine et demie plus tard, il a échappé à un attentat à la voiture piégée. Seize personnes sont décédées dans cet attentat.

Au cours des derniers mois, la police a trouvé des explosifs près de sa villa. Certains doutent de cette découverte, croyant plutôt que des partisans de Musharraf tentent de démontrer que la vie de leur chef est menacée.

L'ancien dirigeant du Pakistan ne peut pas sortir du pays. Il fait pression sur les autorités pour aller retrouver sa mère malade aux Émirats arabes unis.

Vague de libérations de talibans

Par ailleurs, les autorités pakistanaises ont relâché au moins 16 talibans jeudi. Cette libération est une première étape à franchir dans le fragile processus de paix lancé par le premier ministre, Nawaz Sharif.

Un cessez-le-feu d'un mois avait été décrété le 1er mars par le mouvement des talibans pakistanais. Par contre, le groupe a décidé de ne pas le prolonger. Il voulait que les autorités libèrent 800 prisonniers présentés comme innocents ainsi que l'armée se retire de certains secteurs en bordure de la frontière afghane.

D'ailleurs, une centaine d'autres talibans pourraient être libérés prochainement.

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