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Manif étudiante contre le budget et pour plus d'égalité

03/04/2014 08:47 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La manifestation organisée par l'Association pour une solidarité syndicale (ASSÉ), déclarée illégale avant même son début, s'est terminée en queue de poisson, vers 18 h 15 jeudi, l'ambiance bon enfant ayant cédé la place aux affrontements avec les policiers en fin de parcours.

Un avis de dispersion a été émis par le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) vers 17 h puisque des projectiles auraient été lancés en direction des policiers sur la rue Sherbrooke, près du boulevard Saint-Laurent.

Pourtant, le rassemblement visant notamment à dénoncer les compressions du plus récent budget péquiste, auquel ont participé plusieurs milliers de personnes, s'était déroulé de façon pacifique pendant une bonne partie de l'après-midi.

Seulement quatre personnes avaient été arrêtées — avant la signification de l'avis de dispersion — en vertu de diverses infractions au code criminel, dont la nature n'a pas été précisée par le SPVM. Un bilan complet devait être fourni plus tard en soirée.

La forte présence policière aux alentours de la Place Émilie-Gamelin — le point de départ de la manifestation — n'a pas empêché les manifestants de se rassembler dans une ambiance assez festive.

Le rassemblement s'était mis en branle un peu avant 15 h sur la rue Berri, en direction nord, avant d'emprunter plusieurs artères du centre-ville de Montréal, dont les rues Saint-Denis, Sherbrooke ainsi que le boulevard René-Lévesque.

On pouvait entendre des slogans répétés lors de rassemblements semblables au printemps 2012. D'autres chants s'en prenaient au gouvernement Marois ou aux forces de l'ordre.

La manifestation s'est arrêtée quelques minutes devant l'immeuble de Québecor, près du square Victoria, notamment pour dénoncer la présence de son actionnaire de contrôle Pierre Karl Péladeau au sein de l'équipe du Parti québécois.

L'ASSÉ, qui milite pour des mesures de rechange aux mesures d'austérité, propose notamment le rétablissement des dix paliers d'imposition pour répartir la richesse.

«Nous demandons que les riches fassent leur juste part, a souligné le porte-parole de l'ASSÉ, Justin Arcand. Il y en a de l'argent; on demande d'aller le chercher où il y en a.»

Sans prendre position dans la campagne électorale et sans vouloir accorder son appui à une formation politique ou une autre, l'ASSÉ affirme que d'autres moyens existent afin de répartir la richesse de manière équitable.

«Les élections, c'est une manière de faire de la politique, a dit M. Arcand. Nous (...) ce qui est important, c'est de s'occuper de la politique à tous les jours. C'est de faire des manifestations, des actions de perturbation et (...) discuter des différents enjeux.»

Bien que le rassemblement se soit déroulé lors de la dernière semaine de la campagne électorale, le porte-parole étudiant a expliqué qu'il était prévu depuis la dernière session d'automne.

La manifestation s'est déroulée sans les deux autres grandes associations étudiantes, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ainsi que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

Le porte-parole anglophone de l'ASSÉ, Benjamin Gingras, n'a pas raté l'occasion de critiquer l'ex-présidente de la FEUQ Martine Desjardins, qui tente de se faire élire dans la circonscription de Groulx sous la bannière péquiste.

«C'est absurde et incompréhensible de la voir se présenter pour le PQ, un parti qui a fait grimper les tarifs d'électricité ainsi que les droits de scolarité, a-t-il dit. Elle fait complètement le contraire (de ce qu'elle faisait) il y a deux ans.»

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