NOUVELLES

L'austérité budgétaire moins essentielle du fait des taux d'intérêt bas (FMI)

03/04/2014 09:10 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

Les politiques d'austérité budgétaire et de baisse des dépenses publiques pourraient s'avérer moins essentielles du fait de la persistance de taux d'intérêt historiquement bas dans les grands pays industrialisés, suggère le FMI jeudi.

Gardien de l'austérité budgétaire, le Fonds monétaire international appelle traditionnellement ses Etats-membres, notamment ceux placés sous son assistance financière (Grèce, Portugal...), à couper leurs dépenses pour réduire leurs déficits.

Mais le niveau historiquement bas des taux d'intérêt dans les principaux pays industrialisés l'incite à questionner --à la marge-- sa doctrine, dans un chapitre analytique de ses perspectives économiques mondiales publié en prélude à son assemblée générale.

Les taux payés par les Etats pour se financer sur les marchés ont ainsi accusé "une baisse sensible" depuis les années 1980 et sont même "négatifs" en tenant compte de l'inflation, indique le FMI dans son rapport.

Moyenne internationale, le "taux d'intérêt réel mondial à dix ans" est tombé de 5,5% dans les années 80 à 3,5% dans les années 90, puis à 2% entre 2001 et 2008 avant d'être "légèrement négatif" en 2012, selon le Fonds.

Ce mouvement de repli s'est accéléré avec la crise financière de 2008-2009 qui a poussé les grandes banques centrales (Fed, BCE...) à abaisser leur taux directeur à un niveau quasi-nul pour soutenir l'économie.

Selon le FMI, cette tendance devrait se poursuivre du fait notamment de l'appétit croissant des investisseurs pour la dette des Etats, considérée comme un placement sûr.

"Les taux d'intérêt réels et le coût du capital ne devraient augmenter que légèrement par rapport à leur niveau actuel", assure le rapport.

Dans ce contexte, les Etats pourraient donc se permettre de financer de nouvelles dépenses sans grever davantage leurs finances puisque la charge de la dette serait alors quasiment nulle, voire négative en tenant compte de l'inflation.

"Certaines hausses dans des dépenses publiques financées par la dette, notamment des investissements publics, pourraient ne pas conduire à des augmentations de la dette publique à moyen terme", note le FMI, en se fondant sur l'hypothèse de taux d'intérêts inférieurs à ceux de la croissance économique.

Selon l'institution, ces taux bas sont toutefois porteurs de menaces pour la stabilité financière en "incitant" les investisseurs à prendre des risques sur les marchés, pour y trouver des rendements plus élevés.

jt/sl/jca

PLUS:hp