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Jour 30: Legault brandit le spectre d'une décote si le PLQ l'emporte

03/04/2014 12:08 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Plus l'échéance du 7 avril approche, plus les chefs utilisent leurs dernières cartouches pour convaincre les indécis, tout en identifiant les circonscriptions où leur présence pourrait faire la différence le soir du vote.

En ce 30e jour de campagne, jeudi, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a mis en garde les électeurs contre les conséquences de porter au pouvoir Philippe Couillard, qui risque de lui ravir plusieurs circonscriptions, particulièrement à Québec, si on se fie aux sondages.

Il s'est aussi engagé à imposer un régime minceur à l'État, promettant de réévaluer tous les grands projets d'infrastructures présentement à l'étude, incluant le prolongement du métro de Montréal.

De son côté, la chef péquiste Pauline Marois a fait miroiter des baisses d'impôt si son parti est reporté au pouvoir, mais pas avant le retour à l'équilibre budgétaire, prévu en 2015-2016.

Le chef libéral s'est montré très dur envers Mme Marois, l'accusant une fois de plus, jeudi, de donner dans la culpabilité par association, le salissage et l'insulte.

L'ancien premier ministre Lucien Bouchard a ajouté son grain de sel pour juger qu'il n'avait jamais vu une campagne électorale aussi «dure», en termes d'attaques personnelles. Il a aussi indiqué que le débat identitaire aurait dû davantage porter sur la promotion de la langue française, selon lui, au lieu de se centrer sur le projet de charte de la laïcité de l'État.

C'est dans la région de Québec que la CAQ est le plus populaire et c'est là que M. Legault a multiplié les visites au cours du dernier mois, dans l'espoir de préserver les acquis, apparemment menacés par le PLQ.

Jeudi matin, M. Legault a brandi la menace d'une décote si les libéraux prennent le pouvoir, ce qui aurait un impact direct et négatif sur la santé financière du Québec.

Le plan de hausse des dépenses en immobilisations du PLQ plomberait la cote de crédit du Québec, avec pour résultat que le gouvernement devrait débourser plus d'argent des contribuables pour emprunter sur les marchés, a plaidé M. Legault en point de presse, très tôt en matinée.

Il s'est montré inquiet de la croissance de la dette du Québec, n'hésitant pas à couper en deux une carte de crédit devant les caméras.

«Si Philippe Couillard applique son plan tel quel, il y a un risque très fort de décote» imposée par les agences de crédit, selon ses calculs.

Mais le chef libéral préférait parler plutôt de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), jeudi matin à Sherbrooke, où il a entrepris un blitz de fin de campagne.

M. Couillard a parlé de nommer un ministre spécialement affecté aux PME, créer un guichet unique pour les PME, afin de réduire les tracasseries administratives, leur donner un meilleur accès au capital et les aider à développer de nouveaux marchés.

Il a aussi réservé une sortie cinglante à Pauline Marois, n'ayant visiblement pas du tout apprécié son commentaire de la veille en réaction à l'appui reçu du Dr Arthur Porter. Mme Marois a dit à ce propos: «Qui se ressemble, s'assemble».

Piqué au vif, M. Couillard, qui n'aime pas voir son nom associé à l'ancien directeur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) accusé de fraude et emprisonné au Panama, y a vu une forme de «culpabilité par association».

Et selon lui la chef péquiste devra en payer le prix le soir du vote, car la population n'apprécie pas que son parti semble «prêt à tout, y compris à insulter, à rabaisser» pour reprendre le pouvoir.

Au cours des prochains jours, le chef libéral entreprendra un blitz qui le mènera en Montérégie, en Outaouais, dans Lanaudière, en Mauricie, à Québec, dans le Bas-Saint-Laurent, sans oublier la Gaspésie, l'Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, le jour du vote.

Lors d'un point de presse, à la suite d'un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Pauline Marois a affirmé que les baisses d'impôts promises ne se feraient pas au détriment des services à la population.

«Les surplus que nous dégagerons pourraient par exemple être utilisés pour moitié en baisses d'impôts et pour moitié en maintien ou amélioration des services», a-t-elle dit.

Pendant ce temps, Québec solidaire a tenté de séduire les jeunes et les étudiants, en disant que ces derniers avaient eu tort de croire les promesses du Parti québécois, lors du printemps érable de 2012 et des manifestations contre les hausses des droits de scolarité.

Par ailleurs, la Cour supérieure a commencé à entendre, jeudi matin, la cause des cinq étudiants de l'Université McGill provenant d'autres provinces qui veulent voter lors du scrutin de lundi. Leur avocat, Me Julius Grey, a cherché à démontrer que ses clients étaient bel et bien domiciliés au Québec depuis six mois, comme le stipule la loi électorale.

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