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Fusillade de Fort Hood: la personnalité du tireur au coeur de l'enquête

03/04/2014 01:08 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

L'armée américaine se penchait jeudi sur la personnalité du tireur de Fort Hood (Texas), un vétéran d'Irak sans antécédent de violence, pour tenter de comprendre comment une fusillade a pu une nouvelle fois se produire sur cette base.

Cet homme, âgé de 34 ans et nommé Ivan Lopez selon les médias américains, était un caporal, stationné sur cette immense base depuis février dans une unité de soutien logistique. Mercredi après-midi, armé d'un pistolet automatique, il a tué 3 personnes et en a blessé 16 autres avant de se suicider.

Ce drame a réveillé de douloureux souvenirs pour les quelque 45.000 militaires de Fort Hood, déjà endeuillés par le meurtre de 13 personnes en novembre 2009 perpétré par le major Nidal Hassan, un psychiatre militaire qui s'était présenté comme un "soldat d'Allah". Il en avait blessé 30 autres avant d'être maîtrisé par la police militaire.

Cette fois, aucun signe de radicalisation extrémiste. "Les vérifications que nous avons effectuées jusqu'à maintenant ne montrent aucun lien avec des organisations extrémistes d'aucune sorte", a affirmé jeudi le secrétaire à l'armée de Terre John McHugh lors d'une audition devant les sénateurs de la commission des forces armées.

Originaire de Puerto Rico, il a passé neuf ans dans la Garde nationale avant de s'engager en 2008 dans le service actif de l'US Army. Pendant son service dans la Garde nationale, il a été déployé pendant un an dans le Sinaï en Egypte, selon le chef d'état-major de l'US Army, le général Ray Odierno.

Il a été déployé quatre mois en Irak à la fin 2011, les quatre derniers de la présence militaire américaine dans ce pays. A cette époque, les militaires américaines ne patrouillaient plus dans les rues de Bagdad mais étaient cantonnés dans des bases, s'occupant de problèmes logistiques ou de l'entraînement des forces irakiennes. Ivan Lopez était conducteur de camion.

"Son dossier ne fait état d'aucune blessure, d'aucune implication directe dans un combat", a confié le secrétaire à l'armée de Terre, John McHugh.

Son mobile restait inconnu mercredi. Les enquêteurs interrogeaient sa femme pour tenter d'en savoir plus.

- "Problèmes mentaux" -

Le commandant de la base de Fort Hood, le général Mark Milley, a affirmé mercredi soir qu'il était suivi pour un éventuel stress post-traumatique, l'un des fléaux qui frappe les forces américaines exposées aux combats depuis le 11-Septembre. Mais il n'avait pas été formellement diagnostiqué à ce stade.

Il était cependant sous traitement pour divers "problèmes mentaux, allant de la dépression à de l'anxiété et des troubles du sommeil" et s'était vu prescrire des somnifères, a confirmé John McHugh, selon qui il avait vu un psychiatre le mois dernier pour un examen complet.

Depuis la fusillade de Fort Hood de 2009, les professionnels militaires de santé et les commandants d'unité sont autorisés à demander à un soldat s'il possède une arme ou envisagent d'en acquérir s'ils ont des raisons de penser qu'il présente un risque, selon le colonel Steven Warren un porte-parole du Pentagone.

Mais le psychiatre n'a pas considéré Lopez comme une menace pour lui-même ou pour les autres, selon John McHugh.

Comme il vivait en dehors de la base, il pouvait posséder une arme. Il avait récemment acheté le pistolet qu'il a utilisé mercredi. Lopez était tenu de déclarer cette arme et d'obtenir une autorisation pour l'apporter sur la base, ce qu'il n'avait pas fait.

Ce nouveau drame repose la question de la sécurité sur les bases militaires après les tueries de Fort Hood de 2009 et de Navy Ward, un complexe de la Marine à Washington en septembre 2013.

Mais le général Odierno veut croire que les mesures prises depuis 2009 ont servi. "Les procédures d'alerte en vigueur, l'entraînement de la force de réaction ont contribué à éviter une situation qui aurait pu être bien pire", selon lui.

Quant à l'idée de fouiller toutes les personnes et véhicules pénétrant sur une base de près de 50.000 personnes, "franchement, c'est intenable", a souligné le colonel Warren. "Donc on fait des fouilles aléatoires", a-t-il reconnu.

mra/jca

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