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France: le Commerce extérieur échoit finalement au ministre des Affaires étrangères

03/04/2014 02:49 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

Le portefeuille du Commerce extérieur, enjeu d'une bataille entre les ministres français des Affaires étrangères et de l'Economie, va finalement être attribué au premier, a indiqué jeudi soir l'entourage du nouveau chef du gouvernement Manuel Valls.

Ce dernier a "tranché" en faveur du chef de la diplomatie Laurent Fabius et au détriment du bouillonnant ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, qui revendiquait le commerce extérieur dans ses attributions, selon la même source.

Des décrets "préciseront les modalités de collaboration" entre les deux ministères, a précisé cette source, alors qu'une dizaine de secrétaires d'Etat doivent être nommés dans les prochains jours pour compléter l'équipe gouvernementale resserrée de 16 ministres sous la direction de Manuel Valls.

Plus tard, lors d'un discours d'inauguration d'une exposition à Paris, M. Fabius s'est présenté comme ministre des Affaires étrangères et "patron du Commerce extérieur et du Tourisme". Il a en revanche refusé de confirmer le choix comme secrétaire d'Etat au Commerce extérieur de Fleur Pellerin, renvoyant aux nominations qui doivent intervenir la semaine prochaine.

Au départ, l'annonce officielle de la composition du nouveau gouvernement, lue mercredi sur le perron du palais de l'Elysée par le secrétaire général de la présidence française, Pierre-René Lemas, semblait sans ambiguïté: "Laurent Fabius est nommé ministre des Affaires étrangères et du Développement international".

Le chef de la diplomatie française, reconduit dans ses fonctions dans le nouveau gouvernement, voyait ainsi élargir son portefeuille au Commerce extérieur, une première en France dans un contexte de crise économique toujours très vive.

Cet ajout récompensait "la diplomatie économique" chère à M. Fabius, présentée dès son arrivée aux Affaires étrangères en 2012 comme un des piliers de sa stratégie et qu'il n'a eu de cesse de vanter depuis, notamment en Asie et en Amérique latine.

"Le Commerce extérieur est dans le champ des attributions de Laurent Fabius", affirmait à l'AFP un responsable du ministère des Affaires étrangères, sous couvert d'anonymat.

Problème: l'entourage du nouveau ministre de l'Economie faisait savoir dans la foulée que ce domaine relevait du portefeuille d'Arnaud Montebourg, provoquant le premier couac au sein du nouveau gouvernement avant même sa première réunion prévue vendredi matin.

Un responsable du ministère de l'Economie confirmait plus tard à l'AFP qu'une passation de pouvoirs était prévue entre la ministre sortante du Commerce extérieur Nicole Bricq et Arnaud Montebourg.

- avis divergents -

Mais jeudi matin, coup de théâtre: la passation de pouvoirs était reportée, en attendant l'arbitrage du Premier ministre.

Deuxième acte: le ministre sortant de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, passant le relais à ses successeurs Arnaud Montebourg et Michel Sapin (Finances), déclarait qu'"il n'y a pas de diplomatie économique sans Bercy" (le ministère de l'Economie et des Finances).

Le syndicat majoritaire des agents du Commerce extérieur se déclarait également opposé au transfert de ce portefeuille au Quai d'Orsay, le ministère des Affaires étrangères.

Un haut fonctionnaire du ministère de l'Economie reconnaissait néanmoins que le Trésor, dont dépendait jusqu'à maintenant le Commerce extérieur, "se dégage de tout son secteur international pour se concentrer sur les affaires européennes et le G20". "Il y a une certaine logique à ce que le Commerce extérieur revienne au Quai d'Orsay", estimait-il.

D'autres ministres se montraient visiblement embarrassés par ce qui apparaissait de plus en plus comme le premier raté d'un gouvernement qui était censé ne pas en avoir, contrairement à son prédécesseur.

"Ces questions seront réglées par les deux ministres concernés", affirmait Michel Sapin, nouveau ministre des Finances.

Le nouveau porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, s'était lui-même refusé à tout commentaire. "La seule chose que je sache c'est que le commerce extérieur est un enjeu", notait-il, énigmatique.

Le nouveau Premier ministre Manuel Valls prononcera son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale mardi.

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