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Chili : forte réplique après le séisme, brève alerte au tsunami

03/04/2014 01:57 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT
CRIS BOURONCLE via Getty Images
Residents from the town of Pozo al Monte, close to the city of Iquique, some 1,950 kilometres north of Santiago, camp out early on April 3, 2014, in fear of more quakes rocking the area. A powerful earthquake measuring 7.8 rocked northern Chile, just a day after a deadly 8.2 jolt in the same region, authorities said. AFP PHOTO/CRIS BOURONCLE (Photo credit should read CRIS BOURONCLE/AFP/Getty Images)

Une réplique de magnitude 7,8 a secoué dans la nuit de mercredi à jeudi le nord du Chili, 24 heures après un premier tremblement de terre de magnitude 8,2, déclenchant brièvement une nouvelle alerte au tsunami dans la zone, ont annoncé les autorités chiliennes.

Cette puissante réplique s'est produite à 23H43 à 20 km au sud de la ville d'Iquique, justifiant une nouvelle alerte au tsunami qui a toutefois été rapidement levée, a précisé le ministre de l'Intérieur, Rodrigo Peñailillo.

Une alerte au tsunami a également été déclenchée puis levée dans le sud du Pérou, selon la Marine péruvienne.

Les populations des localités côtières du Chili ont été évacuées, notamment à Arica, Iquique et Antofagasta, les zones les plus affectées par le séisme de la veille qui a fait six morts et quelques dégâts matériels.

La présidente chilienne Michelle Bachelet, qui s'était rendue sur les lieux dans la journée de mercredi pour évaluer les dégâts, se trouvait dans la ville d'Arica (2 100 km au nord de Santiago) et a dû être évacuée sur une des hauteurs de la ville, selon la télévision officielle TVN.

Les habitants des villes d'Arica et Iquique se sont précipités dans les rues lorsque les sirènes d'alarme ont à nouveau retenti et se sont également dirigés vers des zones plus élevées, selon les images de la télévision chilienne.

Ricardo Toro, directeur du Bureau national d'urgence (Onemi), a indiqué que de premières vagues avaient atteint la côte mais pour le moment, les autorités chiliennes n'ont signalé ni victime ni dommage matériel à la suite de cette nouvelle forte secousse.

Mardi soir, "le processus d'évacuation a été exemplaire et s'est réalisé sans aucun contretemps, ce qui a permis de protéger la population", a déclaré mercredi Mme Bachelet.

- 975 000 évacués -

A la suite du puissant séisme de mardi et l'alerte au tsunami de dix heures qui s'en est suivi, 975 000 habitants avaient été évacués sur plus de 4 000 km de côte au Chili. Les autorités ont fait état de six morts, cinq et une femme, après cette première secousse, dans les villes de Iquique et Alto Hospicio (nord).

La population commençait à rentrer chez elle mercredi pour évaluer les dégâts quand la nouvelle alerte a été déclenchée.

Si le bilan précis des dégâts des premières secousses n'a pas encore été établi, l'Onemi a évoqué le chiffre de 2 500 logements touchés à Alto Hospicio, bourgade plus modeste que Iquique.

A Iquique, on pouvait voir mercredi des toits effondrés, des vitrines brisées et des rayonnages renversés dans les commerces mais aucun immeuble effondré.

Mme Bachelet avait fixé comme priorité le rétablissement des services de base, comme l'eau potable, l'électricité et l'ouverture de magasins d'alimentation.

Les pannes d'électricité et la peur de répliques avaient poussé les habitants de Arica (nord) a faire des stocks de piles, lampes ou aliments.

"Je n'ai pas de lumière à la maison, je devais aller à Iquique ça n'a pas été possible car ils ont suspendu les vols", a témoigné dans la journée auprès de l'AFP Carla Fernandez, une pharmacienne faisant la queue pour acheter de la nourriture.

Les supermarchés ont ouvert tout l'après-midi, et dans la station service d'Iquique on pouvait voir des clients remplir des bidons d'essence, dont l'achat a été rationné à 20 dollars par personne.

"Nous sommes habitués aux tremblements de terre, d'une certaine manière nous avons une éducation civique et nous ne nous désespérons pas", estime pour sa part Jorge Reyes, consultant pour une exploitation minière américaine et vivant dans le quartier résidentiel de Chungará, à Arica.

Bien que le tsunami ayant suivi le séisme de mardi ait été de faible envergure, avec des vagues de un à deux mètres, le mer a pénétré sur 200 mètres dans les terres à Iquique, où environ 80 embarcations ont été endommagées ou coulées dans le port.

"Avec cette catastrophe, nous ne pouvons rien faire, nous attendons de l'aide pour récupérer nos bateaux", a expliqué Eddy Varas, un pêcheur.

Etant l'un des pays les plus sismiques au monde, le Chili dispose de normes de construction drastiques et soumet régulièrement la population à des exercices d'évacuation. En 2010, un tremblement de terre suivi d'un tsunami avait toutefois causé plus de 500 morts et 30 milliards de dollars de dégâts.

La compagnie minière d'Etat Codelco, la principale productrice de cuivre de la planète - dont le Chili est le premier extracteur mondial -, a annoncé avoir évacué une partie de ses installations côtières, sans signaler de dégâts.

A Londres, le cours du métal rouge a brièvement affiché dans la journée un plus haut en trois semaines, à 6.734 dollars la tonne.

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