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Centrafrique: l'armée française se déploie dans l'Est

03/04/2014 10:38 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

L'armée française a commencé cette semaine à se déployer dans l'est de la Centrafrique, a indiqué jeudi le général dirigeant l'opération, au moment où le Tchad annonçait le retrait de son contingent de la force de l'Union africaine.

"La troisième phase a débuté cette semaine, nous avons commencé à nous déployer dans l'Est", a déclaré à la presse en visioconférence le général Francisco Soriano, qui commande l'opération française "Sangaris". "L'objectif est de restaurer l'autorité de l'Etat, de mettre fin aux agissements des bandes armées et de les désarmer", a-t-il ajouté.

"Cette troisième phase est rendue réalisable grâce (...) aux renforcements accordés par le président" François Hollande, qui a décidé à la mi-février l'envoi de 400 militaires supplémentaires, portant ainsi les effectifs du contingent français à 2.000 hommes, a précisé le général.

Quelques 6.000 militaires africains sont aussi déployés au sein de la force de l'Union africaine en Centrafrique (Misca). Mais jeudi, le gouvernement tchadien a annoncé le retrait de son contingent de 850 hommes, en dénonçant "une campagne gratuite et malveillante" contre ses troupes.

Les soldats tchadiens ont été accusés à plusieurs reprises, depuis la prise du pouvoir à Bangui en mars 2013 de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka, de connivence avec ces combattants - dont certains étaient Tchadiens -, voire de passivité face à leurs exactions, ce que N'Djamena a toujours démenti.

Cela leur a valu l'hostilité d'une partie de la population centrafricaine. Le week-end dernier, des soldats tchadiens ont tué au moins 24 personnes à l'entrée de Bangui après avoir été la cible d'une attaque à la grenade, selon la Misca et le gouvernement centrafricain.

Les soldats français et la Misca vont obtenir le renfort de 800 soldats de la mission militaire européenne Eufor-RCA, opérationnelle à la fin mai.

"L'arrivée de l'Eufor nous permettra d'augmenter notre déploiement dans l'est et le nord du pays", a affirmé le général Soriano.

Il s'est par ailleurs opposé à ce que la France réalise l'opération d'évacuation de quelque 19.000 musulmans traqués par les milices chrétiennes anti-balaka, souhaitée par le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Ma réponse est claire: je m'y refuse. Notre rôle est de protéger les populations et de tout faire pour qu'elles puissent vivre là où elles ont toujours vécu", a-t-il assuré.

Formées en réaction aux exactions contre la population perpétrées pendant des mois par la Séléka, les milices anti-balaka, groupes formés à l'origine de paysans chrétiens de l'ouest de la Centrafrique, s'en prennent depuis à la population musulmane, qui fuit massivement le pays plongé dans les tueries interreligieuses.

L'armée française a lancé l'opération Sangaris le 5 décembre 2013 pour restaurer la sécurité en Centrafrique, après un vote de l'ONU lui donnant un mandat pour intervenir.

Le président Hollande a jugé mardi que la situation sécuritaire en Centrafrique s'était "dégradée" et que les musulmans y étaient "directement visés".

Depuis un an, l'ancienne colonie française traverse une crise sans précédent qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

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