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Thaïlande: la Première ministre dans le viseur de la Cour constitutionnelle

02/04/2014 07:15 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

La Première ministre thaïlandaise, déjà menacée de destitution dans une enquête anti-corruption, est depuis mercredi dans le viseur de la Cour constitutionnelle qui lui reproche l'éviction illégale d'un haut responsable après son élection en 2011.

Des sénateurs ont saisi la cour contre Yingluck Shinawatra au sujet du limogeage de Thawil Pliensri, alors chef de la sécurité nationale, dont la plus haute juridiction administrative a ordonné sa réintégration le mois dernier.

La défense dispose de 15 jours dès notification écrite de la procédure pour présenter ses arguments.

La chef du gouvernement est par ailleurs accusée par la Commission anti-corruption de négligence dans le cadre d'un programme de subvention aux riziculteurs ayant conduit le gouvernement à acheter le riz jusqu'à 50% au-dessus du prix du marché.

Ses détracteurs accusent cette politique d'avoir entraîné une corruption massive, porté un coup aux finances publiques et créé une montagne d'invendus.

Si Yingluck était reconnue coupable, le dossier pourrait être transmis à la justice et en même temps transféré au Sénat, qui pourrait l'interdire de vie politique pour cinq ans.

La Thaïlande, profondément divisée entre pro et anti-Thaksin, est engluée dans une crise politique récurrente depuis le coup d'Etat de 2006 contre Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck. Celui-ci continue à diriger via ses proches placés à sa place, dénonce l'opposition.

Alors que les partis pro-Thaksin ont gagné toutes les législatives depuis plus de dix ans, les protestataires accusent la famille Shinawatra de corruption et d'utiliser l'argent public pour s'assurer le soutien des campagnes du nord et du nord-est, coeur de son électorat.

Les "chemises rouges" pro-gouvernement accusent de leur côté l'opposition de coup d'Etat judiciaire et promettent de manifester en masse samedi pour la défendre.

Les violences engendrées par cette crise, attaques à la grenade ou fusillades visant principalement les manifestants, ont fait 23 morts.

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