NOUVELLES

Soudan du Sud : plus d'un million de déplacés en 4 mois de combats

02/04/2014 12:31 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

La crise humanitaire provoquée par la guerre civile au Soudan du Sud risque fort de s'aggraver cette année en raison de la lenteur de l'aide humanitaire internationale et de la méfiance des belligérants envers l'ONU, a estimé mardi l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

Plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis que les combats ont éclaté le 15 décembre, selon les Nations unies. Parmi ceux-ci, 800 000 ont été déplacés au sein même du Soudan du Sud et plus de 250 000 autres ont trouvé refuge dans des pays voisins.

Un accord de cessez-le-feu conclu en janvier a volé en éclats et les négociations engagées à Addis-Abéba en Ethiopie entre belligérants n'ont pas permis de faire taire les armes au Soudan du Sud, pays indépendant depuis juillet 2011.

« Il y a très peu d'espoir de voir les pourparlers politiques aboutir dans les semaines ou les mois à venir. Tout laisse penser que le conflit civil est parti pour durer, à moins d'un succès diplomatique inopiné », a déclaré à la presse à Genève Bruno Jochum, directeur général de MSF.

Le plus gros défi sera de fournir une aide alimentaire pour remplacer les récoltes qui auraient dû être semées par les populations désormais déplacées. La saison des plantations tombe actuellement et les récoltes interviennent normalement dans quelques mois, rappelle Bruno Jochum.

« Nous savons que le pic de malnutrition intervient durant l'été, habituellement, aussi je dirais qu'il reste quelques ou mois pour s'y préparer correctement », ajoute-t-il.

Autre menace pour l'aide humanitaire, la méfiance croissante des belligérants à l'égard de la mission des Nations unies dans le pays, car elle combine des dimensions militaires, politiques et humanitaires, pointe Jochum.

« Aujourd'hui, les vols et les véhicules des Nations unies sont soit contrôlés, soit parfois bloqués, ce qui est un problème de plus en plus important », dit-il.

PLUS:rc