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Six membres de la secte ultra-orthodoxe Lev Tahor arrêtés au Canada

02/04/2014 02:26 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

CHATHAM, Ont. - L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a arrêté six membres de la secte ultra-orthodoxe juive Lev Tahor, mercredi, pour de présumées violations aux lois de l'immigration, a annoncé un responsable de la direction de la protection de la jeunesse à Chatham, en Ontario.

Certaines familles de la communauté de Lev Tahor se trouvent au coeur d'une affaire toujours non réglée de garde d'enfants, dont l'une s'est envolée en direction du Guatemala, bien qu'il n'ait pas été précisé si ces arrestations étaient liées de quelque façon que ce soit au dossier.

Les agents de l'ASCF recherchaient sept membres de la secte dont le visa était échu ou qui était visé par une mesure de renvoi, a précisé l'avocat du groupe, Guydi Mamann.

Cinq d'entre eux, de même qu'un autre individu qui aurait eu des problèmes d'immigration, ont été arrêtés, a-t-il poursuivi. L'avocat a ajouté qu'il collaborait avec l'ASCF pour s'assurer que les deux autres personnes recherchées se rendent aux autorités.

Des membres de la communauté ont confié à la station de radio locale Blackburn News que les personnes arrêtées sont des citoyens israéliens dont les visas étaient échus. Un membre de la communauté a déclaré à La Presse Canadienne que certaines des personnes appréhendées étaient des Américains.

L'ASCF recherchaient sept personnes qui seraient les parents de 28 enfants, a mentionné le directeur exécutif des Services d'aide à l'enfance de Chatham-Kent, Stephen Doig. Un nombre inconnu d'enfants, dont les parents ont été interpellés, ont été pris en charge.

Tous les enfants ont été ramenés dans la communauté dans les heures subséquentes et ont été confiés à des proches ou un parent-substitut, a précisé Me Mamman.

Il s'est également dit confiant que certains adultes interpellés seraient libérés d'ici peu par les autorités. Si ce n'est pas le cas, ils devront devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada dans les 48 heures suivant leur examen par l'ASFC,

Dans un communiqué, l'ASFC a indiqué qu'un certain nombre de mandats avaient été exécutés à Chatham, mercredi, en lien avec des infractions à la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, sans toutefois nommer la communauté de Lev Tahor.

Lorsque Joel Helbrans, un enseignant dans la communauté, a été joint au téléphone, le son de gémissements d'enfants était audible en arrière-plan.

«Vous arrêtez sa mère, vous arrêtez sa soeur, vous arrêtez son père, et maintenant la protection de l'enfance veut l'arrêter, a plus tard affirmé M. Helbrans. C'a brisé toutes les familles.»

Me Mamman a affirmé que la communauté était terrifiée par ces arrestations.

«C'est une expérience assez étrange de voir débarquer une vingtaine d'agents vêtus bizarrement qui vont de maison en maison pour trouver des enfants et des adultes», a-t-il déclaré.

«Ces enfants ont été témoins de cela de leurs propres yeux. De leurs propres yeux, ils ont vu leur frères et soeurs, certains de leurs amis, certains de leurs voisins ont été emportés (...)», a poursuivi l'avocat.

Quatorze enfants de la communauté de Lev Tahor sont mêlés à une affaire toujours non réglée de garde d'enfants. Le mois dernier, huit enfants de Lev Tahor ont été interpellés après avoir quitté Chatham en compagnie de leur famille avant la tenue d'une audience judiciaire relative à leur garde. Six d'entre eux ont été détenus à Trinité-et-Tobago. Les deux autres ont été interceptés à Calgary.

Six autres enfants, également impliqués dans l'affaire de garde d'enfants, demeurent au Guatemala où ils sont allés en compagnie de leurs parents et d'un autre adulte.

À la fin de l'année dernière, après avoir découvert que la communauté Lev Tahor avait fui le Québec vers Chatham, en pleine nuit, quelques jours après qu'un tribunal québécois eut ordonné que 14 enfants soient confiés à des familles d'accueil, un juge de la Cour de l'Ontario avait statué que 13 de ces enfants devaient être remis à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) québécoise.

Le juge avait exclu de l'ordonnance une des 14 jeunes qui était à la fois mineure et mère d'un enfant visé par la décision. Il avait accordé 30 jours aux parents pour interjeter appel, mais les enfants pouvaient demeurer à Chatham avec leurs parents pendant ce temps.

L'appel devait être entendu le 5 mars en Cour supérieure, mais vu les développements, la protection de la jeunesse de Chatham-Kent a plutôt déposé une demande d'injonction qui a mené à la décision de confier immédiatement les enfants aux services sociaux, en attendant la suite des procédures.

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