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Manifestation pour le 2e anniversaire de la réforme de l'assurance-emploi

02/04/2014 02:06 EDT | Actualisé 02/04/2014 02:07 EDT
Maryline Komenan

Le Huffington Post Québec ouvre son espace à la diffusion d'articles d'étudiants universitaires en journalisme. Nous publions ici un texte de Maryline Komenan, étudiante en journalisme à l'UQAM.

«Non au saccage de l’assurance-chômage», «L’assurance chômage, c’est un droit qu’on a gagné», «L’assurance chômage, c’est un droit qu’on a payé». Tels étaient les slogans criés par les quelques dizaines de personnes qui étaient réunies devant les bureaux du centre Service Canada de Verdun, hier à Montréal. Ils répondaient à l’appel de la Coalition montréalaise contre la réforme de l'assurance-emploi pour souligner le deuxième anniversaire de l’annonce de cette réforme. Plusieurs autres manifestants se sont retrouvés devant le bureau du député Denis Lebel à Roberval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les manifestants ont dénoncé la réforme du programme de l’assurance-emploi en vigueur depuis janvier 2013. Pour Danielle Casara, présidente du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain, la manifestation qui souligne le deuxième anniversaire de la réforme est une bonne initiative afin de garder cet enjeu politique dans l’œil du public jusqu’au prochaines élections. «On va profiter de toutes les occasions pour parler de ce problème, pour demander des réajustements qui vont aller dans le sens des travailleurs et travailleuses.» explique-t-elle.

La réforme du régime d’assurance-emploi vient répartir les chômeurs en trois catégories : les travailleurs de longue date, les prestataires occasionnels et les prestataires fréquents. Selon Dominique Morissette, conseiller en droit social du Comité chômage de Montréal, la réforme exclut davantage de demandeurs en chômage. «Ce sont seulement 40% des demandeurs d’assurance-emploi et même un peu moins qui ont droit aux prestations, ce qui signifie que six personnes sur dix se voient refuser les prestations.

De plus, les chômeurs ne sont plus égaux devant la loi puisqu’ils ont été séparés en catégories», note-t-il. «Si vous travaillez dans une école polyvalente par exemple et que l’école est fermée pendant les vacances, on vous demande de payer pour l’assurance alors que vous ne travaillez même pas. Cela devient plus exigeant pour les demandeurs fréquents, c’est-à-dire les travailleurs saisonniers. Et certains employeurs aussi ne sont pas contents parce qu’ils se retrouvent souvent à devoir renouveler leur effectif chaque saison.»

Même son de cloche du côté de d’Action-Chômage Québec. «L’assurance-emploi est un programme gouvernemental, mais quand il y a des surplus comme c’est le cas présentement, le gouvernement en fait ce qu’il veut, au lieu de le donner aux ayant-droits, donc les chômeurs.» s’indigne Jacques Beaudoin, porte-parole. Les membres de cet organisme travaillent avec d’autres organismes communautaires pour faire pression sur le gouvernement.

«La réforme est en vigueur au niveau législatif, mais son application réelle se fait de façon très lente et très graduelle», souligne M. Beaudoin. Quelle a été la réponse du gouvernement à leurs actions jusqu’à maintenant? «Le gouvernement fédéral explique que la réforme est nécessaire en vue de prévenir le manque de main d’œuvre avec l’exploitation des sables bitumineux et autres chantiers, affirme M. Beaudoin. Donc ils veulent créer une situation où les gens seront obligés de se déplacer pour aller combler le déficit dans l’ouest canadien.»

Aucun responsable du centre de Service Canada devant lequel se tenait la manifestion n’a donné suite à nos appels.