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L'émir du Qatar en visite au Soudan sur fond de tensions avec les pays du Golfe

02/04/2014 05:26 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

L'émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, est arrivé mercredi au Soudan dans le cadre d'une tournée arabe devant le conduire ensuite en Algérie et en Tunisie.

Cette tournée de cheikh Tamim, qui a été précédée d'une visite dimanche en Jordanie, intervient alors que son pays a été mis à l'index par ses voisins arabes du Golfe qui le soupçonnent de chercher à les déstabiliser.

Selon un témoin, l'émir, dont la visite au Soudan doit durer environ six heures, a été accueilli à l'aéroport de Khartoum par le président Omar el-Béchir, avec qui il doit avoir des entretiens.

L'émir veut "consolider les relations fraternelles" qui lient son pays au Soudan, à l'Algérie et à la Tunisie et se concerter avec les dirigeants de ces pays sur "des questions d'intérêt commun", avait indiqué mardi l'agence officielle du Qatar QNA, sans donner plus de détails.

Le Qatar entretient des relations tendues avec les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Bahreïn depuis le rappel le 5 mars par ces trois pays de leurs ambassadeurs à Doha. Ils ont reproché au Qatar de soutenir les islamistes dans le monde arabe et de chercher à déstabiliser les pays voisins.

Le Qatar s'est rangé ouvertement du côté des Frères musulmans, réprimés en Egypte après avoir été chassés du pouvoir, tandis que les trois autres pays ont apporté un soutien massif tant politique que financier au pouvoir installé par l'armée au Caire.

Le régime soudanais a été mis en place en 1989 à la faveur d'un coup d'Etat soutenu par les islamistes.

Selon Safwat Fanous, politologue à l'Université de Khartoum, la visite de l'émir du Qatar vise à "rompre l'isolement" de son pays vis-à-vis des monarchies du Golfe et de l'Egypte, en montrant qu'il a encore des alliés arabes islamiques.

Le Qatar est un des soutiens clé du Soudan, en grande difficulté économique.

Le Soudan a annoncé en mars que le riche émirat du Golfe lui accordait une aide inespérée de 135 millions de dollars pour aider à la préservation et à la mise en valeur de ses sites archéologiques.

C'est par ailleurs au Qatar que le Document de Doha pour la paix au Darfour avait été signé en 2011 entre le régime de Khartoum et une alliance de petits groupes rebelles de cette région de l'ouest du Soudan, en proie à une guerre depuis 11 ans.

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