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Les Palestiniens soutiennent les efforts américains malgré la crise

02/04/2014 10:02 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Les Palestiniens ont apporté mercredi leur soutien aux efforts américains pour sauver le processus de paix avec Israël, malgré la crise qui menace de le faire imploser.

Après avoir annulé une visite en Cisjordanie, le secrétaire d'Etat John Kerry tentait non sans grande difficulté et au milieu du scepticisme général de remettre sur les rails les négociations de paix marquées par des crises à répétition depuis leur relance en juillet 2013.

La dernière en date est liée au refus par Israël de libérer un quatrième et dernier contingent de prisonniers palestiniens le 29 mars, comme il s'y était engagé dans le cadre de l'accord de relance des négociations conclu sous l'égide des Etats-Unis.

En représailles, le président palestinien Mahmoud Abbas a présenté mardi une demande d'adhésion de l'Etat de Palestine à 15 conventions et traités internationaux, à commencer par les Conventions de Genève sur la protection des civils.

"Nous espérons que M. Kerry reprendra ses efforts dans les prochains jours", a affirmé un dirigeant de l'OLP, Yasser Abed Rabbo. "Nous ne voulons pas que ces efforts prennent fin".

Il a réaffirmé que la démarche palestinienne était "en réponse à la violation fragrante par Israël de l'accord" sur les prisonniers, rendant "Israël entièrement responsable de l'échec de la mission" de M. Kerry.

"La direction palestinienne respecte ses engagements (...) Mais nous voulons un véritable processus politique, sans coups bas", a-t-il plaidé.

- Menaces de représailles -

Aux termes de l'accord de juillet, l'Autorité palestinienne avait consenti à suspendre toute démarche d'adhésion aux organisations et conventions internationales pendant les neuf mois impartis aux pourparlers, en échange de la libération par Israël de quatre contingents de prisonniers incarcérés avant 1993. Mais seuls trois groupes ont été relâchés.

Selon la liste palestinienne, les 15 demandes d'adhésion ont été adressées entre autres à la Convention internationale des droits de l'enfant, celle sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, ou la Charte internationale des droits de l'Homme.

Mais la principale requête concerne l'adhésion à la Quatrième Convention de Genève sur la protection des civils, souvent citée par l'Autorité palestinienne "en raison de son applicabilité aux Territoires palestiniens comme territoires occupés" et à la colonisation juive.

Ces demandes ont provoqué l'ire d'Israël qui considère que les Palestiniens ne sauraient obtenir la reconnaissance de la pleine souveraineté d'un Etat que via des négociations, et non par une démarche à l'ONU.

"La raison du mécontentement d'Israël est qu'elle (la décision de M. Abbas) renforce la conviction des Palestiniens que l'ONU va leur offrir un Etat", a expliqué à l'AFP Robbie Sabel, professeur de droit à l'Université hébraïque à Jérusalem.

Un faucon du gouvernement de droite, Uzi Landau, membre du parti ultranationaliste Israël Beiteinou, a d'ailleurs averti que si les dirigeants palestiniens défiaient Israël devant les instances de l'ONU, "ils le paieraient cher".

"L'une des mesures possibles serait pour Israël d'appliquer sa souveraineté sur des secteurs qui feront clairement partie de l'Etat d'Israël dans le cadre de toute solution future", a prévenu ce ministre du Tourisme, en allusion aux zones de Cisjordanie occupée où sont implantés des colons juifs.

Israël pourrait aussi prendre des mesures de rétorsion économiques en intervenant "pour bloquer leurs aides financières", a-t-il ajouté.

- Pollard, une solution? -

La crise a poussé la Ligue arabe à convoquer une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères le 9 avril au Caire.

Malgré le scepticisme général, M. Kerry a jugé "totalement prématuré de tirer quelque conclusion que ce soit" sur l'avenir des pourparlers, qui arrivent à échéance le 29 avril.

Le secrétaire d'Etat s'efforce d'arracher un compromis sur la libération de prisonniers palestiniens, qui pourrait aboutir à l'élargissement de Jonathan Pollard, un Américain arrêté en 1985 et condamné à perpétuité aux Etats-Unis pour espionnage au profit d'Israël.

Il a exhorté les deux parties "à faire preuve de retenue", en soulignant qu'aucun des documents signés par le président palestinien "n'impliquait l'ONU". "Absolument aucun", a-t-il insisté.

"Si la Palestine devait ratifier des traités protégeant les droits de l'Homme et respectant les lois de la guerre, cela contribuerait à la sécurité et au bien-être des peuples", a estimé Human Rights Watch.

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