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Les habitants d'Arica craignent la nuit et un nouveau séisme

02/04/2014 07:55 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

La pénurie d'électricité et la crainte d'un nouveau tremblement de terre hantent mercredi les habitants d'Arica, une ville portuaire du nord du Chili où l'état de catastrophe naturelle a été décrété après le séisme de magnitude 8,2 qui a frappé le pays mardi et provoqué une alerte régionale au tsunami.

Près de 24 heures après le tremblement de terre et à l'approche de la nuit, des centaines de personnes font la queue devant les épiceries, les supermarchés, les centres commerciaux, tentant d'acheter à tout prix une lampe de poche, une radio portable ou des vivres, a constaté l'AFP.

De longues files de voitures s'allongent également devant les stations services dans la crainte que les constantes coupures d'électricité n'empêchent les pompes à essence de fonctionner et de distribuer le carburant nécessaire pour tout déplacement.

"Je n'ai pas d'électricité à la maison, je devais me rendre à Iquique et c'est devenu impossible parce que les vols ont été supprimés", se lamente Carla Fernandez, un pharmacienne qui attend son tour pour faire des provisions.

"Nous avons besoin de piles et de lampes de poche parce que nous ne faisons pas confiance aux bougies", explique une femme dans la queue.

"J'ai vendu toutes les piles et les lampes de poche", se réjouit ce vendeur anonyme qui déambule avec une lampe de mineur sur le front.

La ville à la frontière du Pérou, qui compte de grands immeubles modernes atteignant jusqu'à 20 étages, ne semble pas avoir souffert de gros dégâts structurels.

"Nous avons beaucoup de réserves de vivres, nous n'allons pas en manquer", assure une vendeur alors que les supermarchés apparaissent bien approvisionnés.

La plupart des magasins ont choisi toutefois de fermer leurs portes et les habitants préfèrent rester chez eux.

"Le tremblement de terre a été terrible et nous nous attendons un jour à un gros séisme" encore plus dévastateur, confie à l'AFP Jorge Reyes, consultant pour une exploitation minière américaine et vivant dans le quartier résidentiel de Chungará.

M. Reyes souligne par ailleurs le civisme et la maturité des Chiliens face aux nombreux désastres naturels qui les frappent.

Le Chili, situé sur ce que les géologues appellent la ceinture de feu du Pacifique, enregistre une activité sismique particulièrement intense.

"Nous sommes habitués aux tremblements de terre, d'une certaine manière nous avons une éducation civique et nous ne nous désespérons pas", ajoute-t-il.

La présidente chilienne Michelle Bachelet s'est rendue pour sa part dans la journée à Iquique (nord), la ville la plus proche de l'épicentre et la plus touchée.

Mme Bachelet s'est fixé comme priorité le rétablissement des services de base, comme l'eau potable, l'électricité et l'ouverture de magasins d'alimentation, même si les dégâts et le bilan des victimes restent modérés.

A l'issue d'une réunion de travail de deux heures, elle a notamment rendu hommage aux autorités locales, qui ont "affronté de manière exemplaire une tâche titanesque", a-t-elle souligné.

La présidente, qui a survolé les zones sinistrées, en particulier les routes et les ports de pêche, a demandé à plusieurs ministres de rester sur les lieux pour travailler en liaison avec les autorités locales.

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