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Le retour aux affaires de l'électron libre Ségolène Royal, ex-compagne du président français

02/04/2014 06:33 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Electron libre au sein du parti socialiste, l'ex-compagne du président François Hollande, Ségolène Royal, 60 ans, revient au premier plan de la scène politique française avec le portefeuille de ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie.

La nomination au gouvernement d'une ancienne compagne d'un président français est une situation inédite en France. Ségolène Royal, mère des quatre enfants de François Hollande, devient numéro 3 du gouvernement.

Le retour aux affaires de l'ancienne candidate malheureuse à la présidentielle de 2007, qui ne s'était pas privée de critiquer les débuts de l'ère Hollande, pourrait rendre difficile la gestion politique du président.

Son entrée au gouvernement a été grandement facilitée par la rupture en début d'année de François Hollande avec sa deuxième compagne, la journaliste Valérie Trierweiler. Les deux femmes n'ont jamais caché leur antipathie.

"J'en suis très honorée et en même temps je connais l'exigence que cela appelle dans un ministère majeur pour le redressement du pays et les créations d'emplois qui vont avec", a réagi Mme Royal qui va prendre ses fonctions dans l'après-midi après une longue traversée du désert.

"Je sais que le temps de la réhabilitation viendra", avait-t-elle déclaré après sa défaite aux législatives de 2012. "Arrêter ? C'est impensable. J'ai trente ans de vie politique. C'est ma passion", avait-elle ajouté.

Toute à sa présidence de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal était en réserve de la République depuis deux ans. En privé, nombre de ses soutiens plaidaient pour "qu'elle retrouve le rang qui était le sien".

Loin de l'appareil du parti socialiste, elle ne s'était pas privée depuis près de deux ans de critiquer l'équipe du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, parlant de temps "perdu", d'un exécutif qui aurait dû "aller plus vite", et fustigeant les couacs à répétition entre ministres aux positions divergentes sur tel ou tel sujet de société.

Sa traversée du désert a commencé avec son échec à la présidentielle de 2007 remportée par Nicolas Sarkozy. En 2011, elle est en concurrence directe avec François Hollande lors de la primaire socialiste organisée dans la perspective de la présidentielle de 2012 et subit un revers majeur: elle n'obtient que 7% des suffrages mais ravale ses larmes pour apporter trois jours après son soutien à son ex-compagnon.

Car Ségolène Royal sait aussi "panser ses plaies et repartir", une formule par laquelle elle introduit son dernier opus, "Cette belle idée du courage" (mai 2013), sur lequel elle est montrée riant à gorge déployée. Elle y confie avoir puisé "courage" et "énergie" auprès des "passeurs de courage", parmi lesquels figure Nelson Mandela, pour continuer à avancer.

- Intrépide et exaltée -

Habituée des coups politiques et du contre-pied, "Ségolène", comme l'appellent simplement les Français, a bousculé les codes socialistes avec des idées parfois décoiffantes - patriotisme, valeur travail, sécurité, nation -, dont beaucoup ont été reprises par sa formation.

Courageuse, intrépide pour ses admirateurs, Ségolène Royal est exaltée voire "illuminée" pour ses détracteurs - certains se souviennent de ses envolées quasi mystiques sur la "fraternité" ou encore tout récemment de sa pose vêtue d'un drap blanc, dans un magazine, en Marianne du célèbre tableau "La Liberté guidant le peuple".

Fille d'officier et issue d'une famille catholique, cette jeune femme née à Dakar, grande et mince, adhère au Parti socialiste en 1978. Elle fait partie de la même promotion de l'Ecole nationale d'administration, l'école formant l'élite française, que François Hollande.

Députée des Deux-Sèvres (ouest) de 1988 à 2007, elle a déjà été ministre trois fois dans des gouvernements de l'ancien président socialiste François Mitterrand, à l'Environnement, à l'Enseignement scolaire et à la Famille, l'Enfance et aux personnes handicapées.

Elle retrouve un ministère de l'Ecologie, élargie aux questions de développement durable et d'énergie, alors que les écologistes ont refusé d'être sous les ordres de Manuel Valls, le nouveau Premier ministre qu'ils jugent trop social-libéral.

Proche de Mitterrand, elle confiait, en septembre 2012: L'Elysée, "c'est un lieu que je connais bien puisque j'y ai travaillé pendant sept ans avec François Mitterrand dont une partie avec François Hollande. Nous étions tous les deux".

Depuis 2013, elle était vice-présidente et porte-parole du Conseil d'administration de la Banque publique d'investissement (BPI). Elle est aussi vice-présidente de l'Internationale socialiste.

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