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L'alerte au tsunami est annulée après un violent tremblement de terre au Chili

02/04/2014 08:41 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

SANTIAGO, Chili - Les alertes au tsunami lancées le long de la côte chilienne ont été annulées mercredi, après qu'un violent tremblement de terre de magnitude 8,2 eut secoué le nord du pays.

Six personnes sont mortes écrasées ou terrassées par des crises cardiaques, un bilan étonnamment faible pour une secousse aussi puissante.

La présidente Michelle Bachelet s'est rendue sur place, mercredi, pour constater l'ampleur des dégâts. Elle avait précédemment proclamé un état d'urgence dans la région et envoyé 100 policiers antiémeute en renfort aux 300 soldats déployés dans les rues pour empêcher tout pillage et capturer des détenues en cavale.

Des milliers de personnes évacuées des zones plus basses ont commencé à rentrer chez elles, au fur et à mesure que les alertes étaient annulées.

L'eau de mer a envahi les rues de plusieurs villes et l'océan a emporté quelques navires de pêche à Iquique, mais on ne constatait pas mercredi de dommages importants attribuables à un tsunami. Toute la côte chilienne avait été évacuée pendant une dizaine d'heures.

La secousse a frappé à 20h46 et provoqué des glissements de terrain qui ont bloqué des routes, provoqué des pannes de courant qui ont touché des milliers de personnes, endommagé un aéroport et causé des incendies qui ont détruit plusieurs commerces.

Environ 300 détenues se sont aussi évadées d'une prison d'Iquique, ce qui entraîné la fermeture de la frontière avec le Pérou. Une vingtaine d'entre elles avaient été reprises mercredi.

À Arica, à 139 kilomètres de l'épicentre du séisme, des hôpitaux ont traité des personnes souffrant de blessures mineures. Plusieurs maisons d'adobe ont été endommagées. Le Chili est le principal producteur mondial de cuivre, mais son secteur minier n'a pas été touché par la secousse. Le cours du cuivre a néanmoins bondi en raison de craintes liées à l'approvisionnement, puisque la majorité des mines se trouvent dans le nord du pays.

La marine chilienne a annulé toutes les alertes au tsunami en vigueur le long de la côte du pays vers 7h, heure locale.

Mme Bachelet a été réélue à la présidence du pays il y a seulement trois semaines. «Le pays a bien répondu à cette urgence. Je demande à tous de demeurer calmes et d'obéir aux instructions des responsables», a-t-elle lancé mardi soir sur Twitter.

Elle a confié la gestion des opérations au ministre de l'Intérieur, en plus d'annoncer que les écoles seront fermées dans les zones touchées tant qu'elles n'auront pas été examinées par des experts.

Ce séisme s'ajoute à d'autres secousses ayant fait trembler cette région du pays au cours des dernières semaines. Une dizaine de répliques ont été recensées dans les heures suivant la secousse initiale. Le sismologue de l'Université du Chili, Mario Pardo, a soutenu que d'autres répliques pourraient être enregistrées en journée.

La secousse a été si puissante qu'un tremblement de terre de magnitude 4,5 a été ressenti à La Paz, la capitale de la Bolivie, à 470 kilomètres de là. Le séisme de mardi soir n'est toutefois pas le monstre attendu par les sismologues et qui pourrait libérer d'un seul coup toute l'énergie emmagasinée depuis 140 ans.

«Demain ou dans 50 ans, on ne sait pas quand ça se produira. Mais il faut se souvenir que cette secousse de magnitude 8,2 n'est pas le gros tremblement de terre que nous anticipons dans cette région. On s'attend, potentiellement, à une secousse encore plus importante», a dit le sismologue Mike Simons, du U.S. Geological Survey.

Le Chili est l'un des pays les plus exposés aux tremblements de terre. En 2010, une secousse de 8,8 avait provoqué un tsunami meurtrier qui avait fait plus de 500 morts et détruit plus de 200 000 maisons.

Un tremblement de terre de 9,5 avait été enregistré par les autorités en 1960, faisant de cette secousse la plus puissante de l'histoire terrestre.

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