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Kenya : la police patrouille à Mombasa après le meurtre d'une figure de l'islam radical

02/04/2014 03:43 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

Des patrouilles armées de la police surveillaient mercredi les rues de Mombasa, principale ville de la côte kényane, très majoritairement musulmane, après le meurtre la veille au soir d'une figure de l'islam radical kényan, enterrée dans la foulée.

Abubaker Shariff Ahmed, alias "Makaburi", abattu mardi en début de soirée en pleine rue par des tireurs en voiture, a été enterré en "martyr" peu après minuit. C'est la troisième personnalité rattachée à la mosquée Musa de Mombasa, présentée comme le coeur de l'islam radical kényan, à être assassinée en moins de deux ans.

Les meurtres par balles en août 2012 de l'imam Aboud Rogo Mohammed, principal prédicateur de la mosquée, puis de son successeur Ibrahim Ismail en octobre 2013, avaient à chaque fois déclenché de violentes émeutes à Mombasa, leurs partisans, Makaburi en tête, qualifiant leurs assassinats d'"exécutions extrajudiciaires" attribuées aux autorités kényanes.

L'atmosphère dans la deuxième ville du Kenya, principal port d'Afrique de l'Est, était tendue mercredi matin mais aucun incident n'était signalé.

Des appels à la retenue ont été diffusés via les hauts-parleurs de la mosquée Musa tout au long de la nuit et sur les radios locales, et des effectifs importants de policiers étaient déployés à travers la ville, notamment devant des églises et dans le quartier de la mosquée Musa, selon un correspondant de l'AFP.

Seul bref incident mardi soir, la police a dû tirer en l'air pour disperser une foule de partisans de Makaburi en colère, rassemblés autour d'un poste de police où son corps avait été transporté, pour réclamer sa dépouille, finalement remise à sa famille en fin de soirée.

Cheikh Abubaker Shariff Ahmed était placé depuis 2012 sous sanctions de l'ONU pour "ses liens étroits avec les membres influents" des islamistes shebab, des accusations qu'il avait niées dans un entretien avec l'AFP le 20 février dernier.

Makaburi, âgé d'une cinquantaine d'années, était décrit par l'ONU comme "un important (...) recruteur de jeunes musulmans kényans en vue d'activités militantes violentes en Somalie", qui "fournit un appui matériel à des groupes extrémistes au Kenya" et en Afrique de l'Est et participe "à la mobilisation et à la gestion de fonds pour les shebab".

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