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Congrès mondial sur les mines antipersonnel en Colombie

02/04/2014 06:27 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

La Colombie, pays le plus endeuillé par les mines antipersonnel après l'Afghanistan, reçoit jeudi un congrès mondial centré sur l'aide aux victimes de cette arme interdite, qui continue encore d'affecter chaque année des milliers de personnes dans le monde.

Cette conférence, organisée durant deux jours à Medellin (nord-ouest), compte sur la participation d'organismes internationaux comme les Nations unies, l'Organisation des Etats Américains (OEA) ou encore la Croix-Rouge, ainsi que plusieurs associations représentant les victimes.

Selon l'ONG spécialisée Landmine and Cluster Munition Monitor, les pays les plus touchés sont l'Afghanistan, la Colombie et le Cambodge, avec 3.628 explosions par an, soit environ 10 explosions quotidiennes. En 2012, l'ONG a comptabilisé 1.066 personnes tuées par des mines antipersonel.

"Depuis la Convention sur l'interdiction des mines en 1997, ce chiffre a diminué d'un tiers, y compris dans les pays qui n'y ont pas adhéré", a déclaré à l'AFP Laila Rodriguez, coordinatrice de la Convention sur l'interdiction de smines antipersonnel.

Selon Jared Bloch, porte-parole de la Campagne internationale pour l'interdiction des mines terrestres (ICBL), 47% des accidents causés par des mines antipersonnel et autres explosifs de guerre concernent des enfants.

Quelque 80% des victimes de mines antipersonnel sont des civils, estime l'ONU, qui met aussi en évidence une autre difficulté: alors qu'une mine artisanale coûte entre 3 et 75 dollars, sa désactivation entraîne un processus complexe, dont le coût peut varier entre 300 et 1.000 dollars par unité.

La Colombie, en proie à un conflit interne depuis près d'un demi-siècle, a ratifié la convention internationale contre les mines.

Toutefois, les autorités reprochent aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la première guérilla du pays avec laquelle elles mènent depuis novembre 2012 des négociations de paix sans cessez-le-feu, de continuer à utiliser ce type d'explosif.

Depuis 1990, les mines antipersonnel ont causé 2.167 morts dans ce pays, selon des chiffres officiels. Pour la seule année 2014, le bilan s'élève déjà à 10 morts.

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