POLITIQUE

Charte: de l'aide pour relocaliser les employés congédiés, dit Marois

02/04/2014 09:29 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT
Agence QMI

MONTRÉAL - Les employés de la fonction publique qui refuseront de retirer leurs signes religieux au travail recevront de l'aide pour se trouver un nouveau poste dans le secteur privé, a déclaré mercredi la chef péquiste Pauline Marois.

Mme Marois a pour la première fois apporté des précisions sur la mise en place du projet de charte de la laïcité dans le cas où des fonctionnaires réfractaires à ses dispositions devaient être congédiés.

Le projet de loi 60, qui est mort au feuilleton avec le déclenchement de l'élection, prévoyait des délais variables selon qu'il s'agisse du secteur public ou parapublic.

La chef péquiste a montré de l'ouverture pour prolonger ces délais dans le cas d'individus qui voudraient continuer à porter leurs signes religieux au travail.

Par contre, Mme Marois a indiqué que cette période de transition, pour les employés déjà en poste au moment où la charte serait adoptée, aura une limite, qu'elle n'a pas précisée mercredi.

«Il faudra être clair qu'à un certain moment, ce sera terminé, mais on peut s'entendre pour certains contrats», a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Dans une entrevue radio accordée plus tôt, mercredi, la chef péquiste avait indiqué que les employés réfractaires obtiendraient de l'aide pour se trouver un emploi dans le secteur privé, où les propositions en matière de laïcité du Parti québécois ne s'appliqueraient pas.

«Nous pensons qu'il est possible de trouver des voies de passage quitte même à accompagner ces personnes vers des emplois autres qui correspondent à leurs compétences, parce qu'on ne touche pas le secteur privé, on ne touche qu'aux secteurs public et parapublic», a-t-elle dit, sur les ondes de 98,5 FM.

Par la suite, en répondant aux journalistes qui suivent sa caravane électorale, Mme Marois a refusé de donner plus de détails sur l'aide que ces employés recevraient si une réorientation s'avérait nécessaire vers le secteur privé.

La première ministre sortante a voulu faire preuve d'ouverture en prévenant que les fonctionnaires réfractaires seraient accompagnés et pourraient disposer d'une marge de manoeuvre avant que leur congédiement soit décidé.

«Est-ce que dans certains cas on ne pourrait pas avoir une mesure d'exception pour prolonger de quelque temps? Je suis prête à l'envisager, a-t-elle dit. Honnêtement, je ne souhaiterais pas qu'on puisse dire: on envoie ces personnes dans le privé. Je souhaiterais qu'on puisse les garder.»

Mme Marois a expliqué que le nombre de cas déterminera les moyens qui seront mis de l'avant pour répondre à leur situation, sans préciser à quel moyen elle fait référence.

«Si on se retrouve avec cinq ou six cas, ce ne sera pas compliqué», a-t-elle dit.

Dans son projet de loi 60, le Parti québécois prévoyait une période de transition d'un an dans l'ensemble de la fonction publique, avec une possibilité de prolongation de quatre ans pour les municipalités, les cégeps, les établissements universitaires et les établissements de santé.

Les établissements de santé pourraient demander un renouvellement de cette période de transition, ce qui leur donnerait, au total, un délai de neuf ans. L’autorisation demeurerait une prérogative du ministre.

Mercredi, la chef péquiste a dû apporter ces précisions à la suite de propos de sa candidate dans L'Acadie, Évelyne Abitbol. Dans un débat, Mme Abitbol a prédit des congédiements pour les employés de la fonction publique qui ne se conformeraient pas à la charte.

À Québec, le chef libéral Philippe Couillard a répété que le PQ a jusqu'ici été incapable de dire combien de fonctionnaires pourraient perdre leur emploi à cause de la charte.

M. Couillard s'est moqué de la proposition d'aide aux fonctionnaires qui pourraient être reclassés dans le secteur privé.

«Ça me semble assez loufoque, a-t-il dit. Je pense qu'on est en plein dérapage au PQ.»

Par ailleurs, Mme Marois a affirmé que le PQ a l'intention de revenir à la charge pour inclure dans son projet de refonte de la charte de la langue française des dispositions visant les entreprises régies par les lois fédérales qui ont des établissements sur le territoire québécois.

La chef péquiste a mis son adversaire Philippe Couillard au défi de faire de même, ce qu'a rapidement rejeté le chef libéral.

Selon Mme Marois, son gouvernement étendrait les dispositions de la loi 101 aux entreprises des secteurs bancaires, des télécommunications, du transport aérien, ferroviaire ou maritime, qui sont sous juridiction fédérale, pour mettre fin à ce «régime de droit à deux vitesses».

«Il y a donc les Québécois qui ont des droits et ceux qui n'en ont pas», a-t-elle dit.

Mercredi le candidat péquiste Jean-François Lisée, ministre des Relations internationales, a annoncé que le PQ souhaite s'entendre avec la Tunisie, le Maroc et l'Algérie, pour faciliter la reconnaissance des diplômes et compétences des ressortissants de ces pays qui immigrent au Québec.

M. Lisée a donné l'exemple d'ententes qui existent déjà avec des ordres professionnels français pour faciliter la mobilité de médecins, d'ingénieurs ou autres professionnels ou techniciens.

«C'est du Maghreb que nous viennent le plus grand nombre de diplômés et le plus grand nombre de professionnels et donc le plus grand nombre de Québécois issus du Maghreb qui sont en attente d'une reconnaissance, a-t-il dit. Il y a une urgence, il y a une demande à laquelle nous allons répondre.»

Un gouvernement du PQ organiserait aussi une campagne contre le racisme et la discrimination en emploi, a indiqué M. Lisée, qui accompagnait Mme Marois lors d'une étape de sa caravane à Montréal.

La chef péquiste a profité d'un premier arrêt pour prendre la défense de son candidat Bernard Drainville, dont la présence aux abords d'institutions d'enseignement, où des étudiants votaient, a soulevé des interrogations du côté du Directeur général des élections.

Mme Marois a plaidé la bonne foi de son candidat en ajoutant que des imprécisions dans la loi pouvaient expliquer sa présence, malgré l'interdiction de faire campagne sur les lieux d'un bureau de vote.

«Il faut comprendre que ce flou pouvait permettre à Bernard Drainville d'agir comme il l'a fait», a-t-elle dit.

Le quotidien La Presse a rapporté mercredi que le DGE effectuait des vérifications à ce sujet.

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