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Attentat contre le ministère afghan de l'Intérieur

02/04/2014 08:52 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Six policiers afghans ont été tués mercredi lors d'un attentat-suicide au ministère de l'Intérieur afghan, au coeur de Kaboul.

L'attentat a été mené par un homme bardé d'explosifs, déguisé en militaire. Selon un porte-parole du ministère de l'Intérieur, le kamikaze a déclenché sa bombe devant l'entrée principale du ministère, où il tentait d'entrer.

« Il s'est fait exploser à l'intérieur d'un bâtiment annexe, situé près de l'entrée du ministère, tuant six policiers », a déclaré à l'Agence France-Presse le porte-parole du ministère, Sediq Sediqqi.

L'explosion a été revendiquée plus tard sur Twitter par les talibans, qui multiplient les attentats contre le gouvernement afghan à trois jours des élections présidentielles qui doivent désigner le successeur de Hamid Karzaï.

Le ministère de l'Intérieur constitue une cible symbolique pour les talibans à quelques jours de l'élection. Viser le ministère de l'Intérieur constitue un pied de nez à l'ensemble du dispositif sécuritaire du gouvernement pour assurer la sécurité des citoyens qui se rendront voter samedi.

Le ministère de l'Intérieur déploie quelque 350 000 soldats, policiers et agents de sécurité en prévision du jour de l'élection. « C'est un coup dur, mais on s'y attendait », a déclaré un porte-parole du ministère. « On s'attend aussi à ce que d'autres attentats surviennent d'ici samedi prochain », a-t-il poursuivi. « Mais, ce genre d'attaques des talibans ne réussira pas à décourager les Afghans de se rendre dans les bureaux de scrutin. »

Les Afghans attendent ces élections avec un mélange d'enthousiasme et d'insécurité. Plusieurs Afghans soutiennent avoir hâte de s'exprimer démocratiquement bien qu'ils avouent qu'ils se rendront aux urnes « avec la peur au ventre ». Les Afghans se sentent ainsi investis d'une responsabilité importante comme en témoignent les grands rassemblements des principaux candidats en dépit des menaces d'attentats.

Les citoyens participent à l'exercice et un sondage démontre que 75 % des électeurs entendent se prévaloir de leur droit de vote. Une éventuelle transition démocratique constituerait une première historique en Afghanistan où le président Karzaï ne peut se représenter.

L'issue de cette élection sera déterminante pour la stabilité et la sécurité en Afghanistan, alors que l'ensemble des forces de l'OTAN déployées dans le pays doit quitter d'ici la fin de l'année.

Avec des informations de la correspondante de Radio-Canada au Moyen-Orient, Marie-Ève Bédard

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