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Viktor Orban, dirigeant populiste qui forme la Hongrie à son image

01/04/2014 04:45 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Autocrate ou héros de la nation? Une chose est sûre: Viktor Orban, donné gagnant aux élections législatives de dimanche, a profondément modifié la Hongrie en quatre ans et l'a polarisée autour de sa personne.

Les Hongrois "veulent toujours être maîtres de leur propre destin" et "un héros hongrois est celui qui triomphe de son destin", a-t-il récemment proclamé lors des cérémonies de commémoration du soulèvement contre le régime des Habsbourg en 1848.

Grâce à une majorité des deux-tiers au parlement, son gouvernement a réformé de fond en comble cet ancien Etat communiste, entré dans l'Union européenne en 2004. La Hongrie se trouve désormais "au seuil d'une nouvelle ère, qui la rend libre et forte", a-t-il assuré.

A 50 ans, Viktor Orban accapare la scène politique de la Hongrie, où aucun adversaire ne semble en mesure de le détrôner - au sein de son parti comme dans l'opposition.

Doté d'un certain charisme, mis en valeur par des adversaires de gauche plutôt fades, Orban est surtout "un véritable animal politique", ne supportant ni la défaite, ni la contestation, souligne Laszlo Lengyel, politologue à l'Institut de recherche financière et politique de Budapest.

Passionné de football, marié et père de cinq enfants, il a polarisé la société comme jamais depuis la fin du communisme, réduisant l'espace pour les débats à une peau de chagrin. Le Fidesz s'est approprié les symboles nationaux, et quiconque s'affirme contre le parti est accusé, peu ou prou, de trahir le pays.

Premier ministre à 35 ans en 1998, M. Orban est revenu au pouvoir en 2010 avide de revanche après huit ans de règne de la gauche. Ancien dissident libéral anticommuniste - ses discours contre le régime à la fin des années 1980 l'ont rendu célèbre - Viktor Orban aime parler au nom du "peuple" ou de la "nation".

Il s'affirme en fervent opposant de la mondialisation. Il aime aussi parler de la fin de "l'ère des banquiers et de l'Occident", au profit de la montée en force de l'Asie.

En quatre ans, il a accru son pouvoir à marche forcée, en plaçant ses fidèles à la tête de toutes les institutions publiques pouvant jusque-là servir de frein, modérer ou contrebalancer le pouvoir, notamment la Cour constitutionnelle, le Parquet général, la Cour des comptes, la Commission électorale, l'Autorité des médias, l'Office de la concurrence ou la Banque centrale (MNB).

Les critiques de l'Union européenne ou des Etats-Unis ne l'ont pas empêché d'arriver à ses fins, pas plus que les grandes manifestations d'organisations non-gouvernementales (ONG) lancées après la réforme des médias, jugée liberticide.

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