NOUVELLES

Rappels de véhicules: General Motors promet un changement de pratiques

01/04/2014 05:56 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

La patronne de General Motors Mary Barra a promis mardi de changer les pratiques du groupe, pour les centrer sur les clients et éviter une nouvelle "tragédie" comme les 13 accidents mortels à l'origine de rappels massifs de véhicules défectueux.

"GM est en train de passer d'une culture de coûts à une culture de clients", a assuré mardi Mme Barra, 52 ans, arrivée à la tête du groupe mi-janvier, lors d'une audition très attendue devant le Congrès.

Cette transformation signifie que le groupe va se focaliser sur la sécurité et la qualité, a expliqué Mme Barra, passée au grill des questions des élus. Pendant deux heures et 45 minutes, Mme Barra, tailleur gris, a fait face à des parlementaires décidés à savoir pourquoi GM a pu vendre depuis 10 ans des millions de voitures équipées d'une pièce défectueuse.

Sans céder un pouce de terrain, elle n'a apporté aucune réponse à cette question, malgré le ton parfois cassant des élus, préférant renvoyer aux conclusions à venir d'une enquête interne.

Dans la salle, les familles des victimes, qui ont installé le long d'un mur des photos de leurs proches perdus, ont assisté sans un mot à ce face-à-face où la forme est aussi importante que le fond.

- Monsieur "Indemnisation" -

En réponse aux questions sur d'éventuelles compensations, Mme Barra a annoncé le recrutement de Kenneth Feinberg, chargé d'aider le groupe à évaluer la réponse à apporter aux familles des victimes. Cet avocat de renom de 68 ans a géré le fonds d'indemnisation de 20 milliards de dollars mis en place par BP pour les victimes de la marée noire de 2010 dans le golfe du Mexique.

"Nous avons 30 à 60 jours pour évaluer la situation. Nous n'avons pas encore pris de décision" sur d'éventuelles compensation, a-t-elle ajouté, promettant la transparence et assurant qu'elle avait commencé à procéder à des changements "de procédures, de pratiques et de personnes". Pour l'instant, aucune tête n'est tombée.

Entre mi-février et fin mars, GM a rappelé 2,6 millions de Chevrolet Cobalt, Pontiac 5, Saturn Ion et Sky et Solstice produites entre 2003 et 2011, pour un défaut du commutateur d'allumage ayant empêché les airbags de se déployer.

Ce défaut a été lié à une trentaine d'accidents qui ont provoqué la mort de 13 personnes, selon un décompte du constructeur, ce qui lui vaut d'être au centre d'une triple enquête, du département de la Justice, de la NHTSA et du Congrès. Depuis janvier, GM a rappelé 4 millions d'autres voitures pour d'autres problèmes techniques.

Selon deux documents, l'un produit par GM et l'autre par le Congrès, le groupe automobile était au courant du défaut dès 2001 lors de la pré-production d'un des modèles, la Saturn Ion.

- "Ce n'est pas acceptable"-

Selon les élus, GM aurait pu éviter ces tragédies s'il avait réglé le problème au lieu de l'ignorer pour des raisons financières.

C'est l'un des rares moments où Mary Barra a paru en difficulté face à un élu républicain, Gregory Harper, qui a brandi un courriel dans lequel un ingénieur de GM estimait que remplacer la pièce défectueuse aurait coûté 90 cents.

"- C'est quelque chose que je ne trouve pas acceptable. Ce n'est pas le type de comportement que nous voulons dans notre entreprise aujourd'hui, chez nos ingénieurs, a répondu, un peu embarrassée, la patronne de GM.

- Comment les coûts peuvent-ils faire partie d'une discussion sur la sécurité ? insiste l'élu

- Ce n'est plus le cas, lui assure Mme Barra, enlevant ses lunettes. S'il y a une question de sécurité, nous la réglons d'abord. Ce n'est pas acceptable de mettre le coût avant la sécurité".

Mme Barra, qui se dit "déterminée" à mettre en place de nouvelles façons de faire les choses chez GM, a déjà nommé un "Monsieur Sécurité", Jeff Boyer, qui lui rend des comptes directement.

Le directeur par intérim de l'agence de sécurité routière (NHTSA), David Friedman, dont les services ont été mis en cause par le Congrès, a aussi témoigné mardi.

lo-mlm/sl/mdm

PLUS:hp