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Manipulation des changes: plainte contre 12 banques dont BNP Paribas

01/04/2014 01:45 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

Un groupe d'investisseurs et de fonds de pension a déposé une plainte conjointe contre douze grandes banques internationales, dont la français BNP Paribas, accusées d'avoir manipulé à leur profit le marché des changes, selon un document judiciaire consulté mardi par l'AFP.

La plainte a été déposée lundi soir au tribunal de district de Manhattan Sud.

Les plaignants, basés aux Etats-Unis ou aux Caraïbes, accusent ces banques d'avoir communiqué entre elles, "dans des sites de messagerie privés, via des textos ou des courriels afin de mener à bien leur entente", selon cette plainte, révélée par le Wall Street Journal.

Outre BNP Paribas, les établissements financiers visés sont les suisses Credit Suisse et UBS, les britanniques Barclays, HSBC et Royal Bank of Scotland, l'allemande Deutsche Bank, les américaines Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley.

De multiples enquêtes ont été ouvertes dans le monde sur les manipulations dont se seraient rendues coupables de grandes banques sur les marchés des changes.

Dernière en date, la Commission de la Concurrence (Comco) suisse a annoncé lundi avoir ouvert une enquête pour une possible entente sur le marché des devises, visant notamment UBS et Crédit Suisse.

Les enquêteurs soupçonnent une entente illicite entre courtiers, qui auraient utilisé des forums de discussion sur internet et des messageries instantanées pour influencer le taux de référence quotidien WM/Reuters.

Selon la plainte déposée lundi, les cambistes des douze banques mises en cause auraient baptisé les forums de messagerie qui leur servaient de canaux de communication par des noms comme "Le Cartel", "Le club des bandits", "La Mafia" ou encore "Une équipe, un rêve", selon la plainte.

Les plaignants affirment s'appuyer sur certaines "preuves" fournies aux enquêteurs par les banques elles-mêmes.

Celles-ci montreraient par exemple qu'ancien responsable des marchés de changes de JPMorgan Chase à Londres entre 2010-2013, avait pour habitude d'échanger des informations sur les ordres de ses clients avant la fixation de taux de référence.

Ce serait aussi le cas d'une dizaine d'autres cambistes, dont les noms sont cités.

On apprend aussi dans la plainte que des hauts responsables de BNP Paribas auraient été entendus par des enquêteurs du département américain de la Justice.

La banque française aurait décidé en conséquence de suspendre, le 6 mars, Robert de Groot, son responsable des changes.

Les enquêteurs américains ont aussi entendu trois cambistes de Deutsche Bank à New York qui ont par la suite été licenciés, affirme la plainte.

Tous les plaignants avaient déjà déposé plainte individuellement contre ces établissements mais ont préféré se regrouper pour donner plus de poids à leur démarche.

Le scandale a éclaté au printemps 2013 quand l'Autorité de conduite financière (FCA) britannique a lancé une enquête sur ce marché, dont les transactions se montent chaque jour à plus de 5.000 milliards de dollars.

La plupart des grandes banques concernées ont indiqué qu'elles coopéraient avec les enquêteurs sans davantage de précisions. Au moins une trentaine de cambistes ont déjà été suspendus.

La Banque d'Angleterre, accusée d'avoir fermé les yeux sur ces manipulations présumées, a aussi suspendu l'un de ses employés.

Cette affaire risque d'être explosive pour le monde de la finance, déjà ébranlé par le scandale des manipulations du taux interbancaire Libor, qui a valu de lourdes amendes notamment à Barclays, RBS, UBS ou Rabobank.

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