POLITIQUE

Élections 2014 – Une manifestation étudiante le 3 avril pour ramener les droits de scolarité sous les projecteurs

01/04/2014 07:15 EDT | Actualisé 01/04/2014 07:15 EDT
PC

Il faut un débat de société dans lequel le gel des droits de scolarité ainsi que la gratuité scolaire figurent au menu des enjeux à discuter, estime l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ). C’est du moins le message que veulent lancer les 40 000 étudiants qui seront en grève et qui prendront d’assaut les rues de Montréal, le 3 avril prochain.

La Place Émilie-Gamelin, à deux pas de l’Université du Québec à Montréal, renouera l’instant d’un après-midi avec l’ambiance des manifestations étudiantes du printemps 2012 à la suite de l’invitation lancée par l’ASSÉ.

Intitulé «La grande manifestation nationale contre les mesures d’austérité et pour un budget plus égalitaire», l’évènement devrait mobiliser un peu plus de la moitié des membres de l’ASSÉ.

Une participation qui réjouit le co-porte-parole de l’ASSÉ, Justin Arcand. «Nous avons des associations membres d’un peu partout qui vont être en grève le 3 avril prochain, indique-t-il. Il faut dire que l’idée de déclencher une grève est venue de nos associations au niveau local pour deux raisons. La première était pour permettre à plus de gens possibles de venir manifester, mais aussi pour faire monter la pression sur les différents partis politiques.»

Pour le co-porte-parole, la manifestation sert à rappeler qu’il existe pour l’État différentes options économiques afin d’obtenir du financement. Parmi celles-ci, il propose «de taxer les capitaux». Une mesure qui pourrait «éviter de couper dans les programmes sociaux ou encore de faire payer les plus pauvres», pense le co-porte-parole.

«Si on prélevait une taxe de 0,5% sur les profits des grandes entreprises ou des grandes banques, on pourrait arrêter de couper et de facturer tous les services publics, pense-t-il. Si on va chercher des idées dans les différentes alternatives, on va pouvoir commencer à changer la société et la rendre plus juste.»

Un changement social qui, selon lui, ne peut pas se discuter en campagne électorale «et à l’intérieur d’un parti politique».

Dans le même sens, il déplore le peu de place accordée à l’éducation dans la campagne électorale. «Les partis parlent de l’éducation et du financement des universités seulement du bout des lèvres. C’est la preuve que ce n’est pas dans une campagne électorale qu’on va avoir un vrai débat de société», estime Justin Arcand.

Gel et gratuité scolaire

Au chapitre des revendications, l’ASSÉ demande le gel des frais de scolarité comme premier engagement et, par la suite, la gratuité scolaire. L’ASSÉ s’engage de son côté à continuer à mettre de la pression sur le prochain gouvernement, quel que soit le parti porté au pouvoir le 7 avril.

«Peu importe le parti qui sera au gouvernement : il va nous retrouver sur sa route après l’élection», lance le co-porte-parole.

Questionné sur la présence des deux ex-présidents des fédérations étudiantes collégiale et universitaire, Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins, dans les rangs du Parti québécois, Justin Arcand dit ne pas comprendre leur choix politique.

«Je ne comprends pas qu’ils sont prêts à aller défendre les couleurs d’un parti politique qui propose la marchandisation de l’éducation, dit-il. Le Parti québécois a prouvé, en 18 mois au gouvernement, qu’il défendait les mêmes visées politiques que les libéraux.»

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