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L'OTAN ordonne la fin de la coopération avec la Russie

01/04/2014 09:17 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

BRUXELLES - Les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN ont ordonné mardi la fin de la coopération civile et militaire avec la Russie, en plus de demander à leurs amiraux et généraux d'élaborer des stratégies pour mieux protéger les membres de l'Alliance qui se sentiraient menacés par Moscou.

L'alliance de 28 membres, la pierre angulaire de la sécurité américaine et européenne, réagissait à l'annexion unilatérale de la Crimée par la Russie, sa pire crise des dernières années.

Le secrétaire d'État américain John Kerry et les autres ministres étaient rassemblés à huis clos au quartier-général de l'OTAN. Ils se sont entendus à l'unanimité, mardi, sur une série de mesures, y compris le redéploiement possible d'effectifs militaires vers l'est, possiblement en Pologne ou dans les pays baltes.

Plus tôt pendant la journée, la Russie avait fortement haussé le coût du gaz naturel vendu à l'Ukraine et menacé de réclamer des milliards de dollars en rabais consentis antérieurement, augmentant la pression sur un gouvernement qui vacille déjà au bord de la faillite.

La police ukrainienne, quant à elle, est intervenue pour désarmer une milice nationaliste radicale, au terme d'une fusillade dans la capitale.

Le patron du géant gazier étatique russe Gazprom, Alexeï Miller, a annoncé mardi que la compagnie a aboli le rabais accordé en décembre qui épinglait le prix du gaz naturel à 268,50 $ US par 1000 mètres cubes, pour le porter à 385,50 $ US par 1000 mètres cubes au deuxième trimestre.

Ce rabais faisait partie de la bouée de sauvetage financière lancée par le président russe Vladimir Poutine à son ancien homologue ukrainien Viktor Ianoukovith, après que ce dernier eut rejeté une entente avec l'Union européenne pour se rapprocher de Moscou. Cette décision a donné lieu à trois mois de manifestations qui l'ont finalement chassé du pouvoir en février.

Des groupes nationalistes radicaux ont joué un rôle de premier plan dans son départ, mais ils ne sont pas en bons termes avec le nouveau gouvernement. Le leader de Secteur droit, un des groupes les plus en vue, a été abattu la semaine dernière, lors d'une altercation avec la police. Des membres du groupe ont ensuite assiégé et vandalisé le parlement pendant plusieurs heures, en réclamant la démission du ministre de l'Intérieur Arsen Avakov.

En fin de journée lundi, un membre de Secteur droit a blessé par balles trois personnes, dont un maire adjoint de Kiev. La police a ensuite encerclé l'hôtel Dnipro, dont le groupe a fait son quartier-général, et exigé que les militants déposent les armes et se rendent. La reddition a été obtenue mardi et les membres de Secteur droit ont quitté les lieux sous escorte policière.

Le Parlement a ensuite ordonné à la police de désarmer tous les groupes illégaux. La Russie a déjà évoqué la «menace» des ultranationalistes pour justifier son annexion de l'Ukraine, et le désarmement des groupes extrémistes pourrait venir miner cet argument.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré mardi être incapable de confirmer le retrait des forces russes de la frontière avec l'Ukraine.

«Ce n'est pas ce que nous avons vu, a-t-il déclaré aux journalistes. Et ce renforcement énorme des forces militaires ne contribue en rien à une désescalade de la situation, une désescalade que nous souhaitons tous, et je continue donc à inciter la Russie à retirer ses troupes, à respecter ses engagements internationaux et à entamer un dialogue constructif avec l'Ukraine.»

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