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Les verts se font prier pour entrer au gouvernement Valls

01/04/2014 07:55 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

Les écologistes sont divisés sur leur entrée au gouvernement de Manuel Valls, dont ils attendent des gages lors d'une rencontre mardi avec le nouveau premier ministre.

Les deux ministres écologistes démissionnaires du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, Cécile Duflot (Logement) et Pascal Canfin (développement), ont annoncé dès lundi soir qu'ils ne participeraient pas au gouvernement de Manuel Valls pour cause de désaccords politiques.

Mais le coprésident du groupe Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à l'Assemblée nationale, François de Rugy, n'a pas exclu mardi que des écologistes le rejoignent, à certaines conditions.

« Nous souhaitons avoir un échange, comme ça se fait dans toute démocratie parlementaire, avant la composition du gouvernement », a-t-il dit sur i>télé. « S'il n'y a pas plus d'écologie dans la politique du gouvernement, il n'y aura plus d'écologistes au gouvernement évidemment. »

« En politique, il y a des choix personnels, participer ou pas à un gouvernement c'est aussi un choix personnel », a-t-il toutefois ajouté.

Dans un communiqué, Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV déclare pour sa part que le parti « déterminera son éventuel soutien au gouvernement » lors de son Conseil fédéral, qui se réunit samedi et dimanche, donc après la probable nomination de la nouvelle équipe gouvernementale.

« Nous attendons dès aujourd'hui une clarification, de la part du premier ministre, sur l'orientation du nouveau gouvernement », précise-t-elle.

Délégation EELV reçue par Valls

Une délégation d'EELV a rendez-vous mardi en fin de matinée avec Manuel Valls, à la demande du nouveau premier ministre, a-t-on appris de source proche du ministère de l'Intérieur. Celle-ci devait être composée de Jean-Vincent Placé, président du groupe au Sénat, Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili et François de Rugy, coprésidents du groupe à l'Assemblée.

En désaccord sur la ligne politique présumée du nouveau premier ministre, Cécile Duflot a refusé la place de numéro deux dans le futur gouvernement, a déclaré sur France Inter son collègue du Développement Pascal Canfin. « Nous aurions eu des responsabilités, des postes, mais pas de
possibilité d'agir vraiment comme nous l'entendrions sur la ligne politique », a expliqué ce dernier.

Selon Pascal Canfin, cette place de numéro deux aurait été proposée à l'ancienne porte-drapeau d'Europe Ecologie-Les Verts « dans les minutes et les heures » qui ont précédé sa décision de ne pas participer au nouveau gouvernement.

Les deux ministres écologistes démissionnaires ont vu dans l'intervention télévisée du président François Hollande, au lendemain d'une déroute historique de la gauche aux élections municipales, la confirmation d'un cap politique dont ils demandaient le changement.

« C'était un moment de vérité, un moment de clarification », a souligné Pascal Canfin. « Nous en avons logiquement, sereinement tiré toutes les conclusions. »

Il a laissé entendre que si des responsables d'EELV se laissaient convaincre d'entrer dans le gouvernement de Manuel Valls, ils risqueraient une sanction de leur parti.

« Il peut y avoir des tentations individuelles, cela peut exister. Mais il y aura samedi un conseil fédéral qui remettra évidemment les choses dans l'ordre si cela était nécessaire », a-t-il déclaré.

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