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Les recherches pour retrouver l'avion malaisien seront longues, dit l'Australie

01/04/2014 08:50 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

PERTH, Australie - Des enquêteurs analysent l'enregistrement de la dernière conversation entre la tour de contrôle et le poste de pilotage du vol MH370 de Malaysia Airlines avant qu'il ne disparaisse il y a trois semaines, a indiqué mardi le gouvernement malaisien.

L'Australie, qui coordonne les recherches pour retrouver le Boeing 777, a quant à elle prévenu que l'opération était très difficile et risquait de durer encore longtemps.

L'analyse pourrait permettre de vérifier qui était aux commandes de l'appareil et déterminer si cet individu semblait stressé ou tendu. Les enquêteurs veulent notamment confirmer que la voix entendue est bien celle du premier officier, comme on le croit depuis le début.

En réponse à de multiples demandes des médias, le gouvernement malaisien a aussi rendu publique une transcription de cette conversation, qui témoigne d'échanges qui semblent normaux. Le poste de pilotage demande ainsi la permission de décoller, rapporte avoir atteint son altitude de croisière et quitte l'espace aérien malaisien.

«Bonne nuit Malaysian 3-7-0» sont les derniers mots reçus par les contrôleurs aériens de l'aéroport international de Kuala Lumpur à 1 h 19, le matin du 8 mars. Le gouvernement malaisien avait précédemment indiqué que les derniers mois avaient été, «Très bien, bonne nuit».

L'appareil et les 239 personnes qui se trouvaient à bord se sont ensuite volatilisés.

Les recherches se concentrent actuellement dans une zone d'environ 254 000 kilomètres carrés située à environ 2,5 heures de vol de Perth.

L'Australie a révélé mardi avoir déployé un appareil de contrôle aérien pour empêcher toute collision entre les appareils qui inspectent le secteur. Onze avions et neuf navires étaient déployés mardi dans environ la moitié de la zone, soit une superficie de 120 000 kilomètres carrés, en dépit du mauvais temps et de la faible visibilité.

Un appareil de la garde côtière japonaise est rentré à sa base après avoir survolé le secteur une seule fois, tant les conditions étaient mauvaises. Il s'est approché à seulement 150 mètres de la surface de l'océan, sans rien apercevoir à l'extérieur.

Certains avions descendent parfois encore plus bas, ce qui fait craindre des collisions avec les navires qui sillonnent la même région.

Pour sa part, l'Association du transport aérien international (IATA) estime que la disparition de l'appareil malaisien met en lumière des problèmes de sécurité, autant en ce qui concerne le suivi des appareils en vol que le tri des passagers au moment de l'embarquement. Le groupe a annoncé la formation d'un comité de travail qui formulera des recommandations d'ici la fin de l'année.

«On ne peut pas laisser un autre appareil simplement se volatiliser, a dit le directeur général de l'IATA, Tony Taylor, dont les 240 transporteurs membres accueillent 84 pour cent de tous les passagers et de toute les marchandises du monde. Dans un monde où chacun de nos mouvements est épié, c'est incroyable qu'un avion puisse simplement disparaître. Les accidents sont rares, mais les recherches pour retrouver (le vol) 370 nous rappellent qu'on ne peut sombrer dans la complaisance en matière de sécurité.»

M. Taylor a aussi demandé aux gouvernements d'augmenter leur utilisation de bases de données comme celle dont dispose Interpol, qui permet de déterminer si un passeport a été volé. Cette base de données contient quelque 40 millions de documents, mais la majorité des pays — dont la Malaisie — n'y ont pas recours.

«Les transporteurs aériens ne sont pas des gardes-frontières ou des policiers, a-t-il dit. C'est la responsabilité des gouvernements. L'information est essentielle et doit être utilisée efficacement.»

Interpol nie que sa base de données soit difficile à utiliser et affirme qu'il ne faut que quelques secondes pour vérifier si un passeport a été volé­.

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